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22 juin 2010 2 22 /06 /juin /2010 14:05

Mardi 22 juin, 14h00, avant le match.

 

Espèces de connards, vous permettez à une pharmacienne de province, qui parle patois, et qui ne pèse même pas le millième de votre chiffre d'affaires, de vous faire la leçon. Vous êtes minables. De surcroît mal élevés. Vous ne connaissez rien mais vraiment rien de votre nouvelle classe, pauvres cons.

Laissons de côté L'Equipe (journal des sports !) et Le Monde (que vous auriez pu acheter avec votre pognon, espèces d'abrutis). Les deux grands journaux des élites internationales ont bien saisi le fond de l'affaire. The Times parle de « guerre civile en règle » et le Wall Street Journal pointe la faute originelle : « Nous avons été stupéfaits d'apprendre que l'équipe de France a refusé de s'entraîner dimanche ».

Allons-y.

Amateurisme. Vous ne maîtrisez pas le processus de production. Vos partenaires (on dit sponsors) vous ont lâchés, car vous acceptez n'importe qui comme financier. Vous vous croyez en banlieue où une parole d'honneur suffit. On n'est pas le meilleur avec des alliances douteuses. A l'entraînement, vous aviez l'air sortis de l'époque soviétique sans les signes ostentatoires de richesse sur vous. Vous êtes incapables de fournir à votre ministre une suite princière de son rang. En plus, vous avez terni « l'image de vos sponsors ».

 Le traître. Les bourgeois recherchent « la réduction à tout prix de l’incertitude des rencontres ». Vous, espèces de banlieusards, qu'avez-vous fait pour éliminer les intrus dans le vestiaire ? La  « stratégie » se discute entre gens de confiance dans un Conseil d'Administration restreint. Vous avez chacun un journaliste attitré (indépendant bien sûr), vous faites mieux qu'un homme politique. D'accord. Mais on doit être seul quand on discute stratégie. L'élimination du traître se fait suivant des codes bien établis. Vous êtes des amateurs niveau TF1. Pour éliminer un traître, on ne se prend pas comme à Trappes, pauvres misérables. Il y des codes à respecter chez les bourgeois. Vous êtes incapables de contrôler même votre personnel journalistique.

 L'insulte. Espèces d'illettrés, on ne parle pas en privé (dans un vestiaire) comme le président en public. « C'est inadmissible », a-t-il crié le président à Leningrad, devant son pupitre à sa hauteur, à coté du mafieux russe. A-t-il le droit ? Gagne-t-il plus que vous ? Vous n'avez pas le droit de dire à quelqu'un « va te faire enculer ». Ca ne se fait pas à la haute. Par contre, enculer une petite fille de 13 ans est un signe d'appartenance à la société cultivée. Vous auriez le président et les philosophes avec vous, pauvres imbéciles.

La grève. Wall Street Journal a raison. Les riches ne font pas grève. Avez-vous vu M. Finkielkraut faire grève ? Et le BHL (de quoi d'ailleurs ?). Vous êtes des gamins. On ne fait pas grève à votre niveau. Vous n'êtes pas intégrables à la classe supérieure. Même le lock-out est interdit (sauf si on délocalise).

 

Mon grand maître Jules Michelet (1798-1874), pauvre et grand prof irrécupérable, disait de vous : « Presque toujours, ceux qui montent [les enfants de la classe ouvrière], y perdent, parce qu'ils se transforment ; ils deviennent mixtes, bâtards ; ils perdent l'originalité de leur classe, sans gagner celle d'une autre. »

Qui parmi vous, espèces de ploucs, participe à des dîners au moins deux fois par semaine, qui connaît les prénoms de ses arrière-grands parents, qui va à l’Opéra et au théâtre une fois par mois, et se souvient des vacances de son adolescence avec tous ses cousins à Biarritz ou à Deauville ? Pour faire partie de la « société d'admiration mutuelle », il faut de l’éducation, des codes, de la communication, des manières.

Votre façon de parler, vos expressions… la façon de se tenir. Tout est à refaire. Demandez des conseils à Finkielkraut, espèces d'idiots. Il y a des choses qu’on dit, il y a des choses qu’on ne dit pas. Il y a des choses qu’on achète, il y a des choses qu’on n’achète pas (rarement). Vous n'avez rien compris de la violence. Vous êtes restés au niveau du primaire. Votre seule innovation est de s'offrir Zahia comme cadeau d'anniversaire. C'est insuffisant.

Le bourgeois, côté jour, il excelle par son élégance et sa politesse. Les saloperies se font à l'ombre des Cathédrales, dans des lieux secrets. Personne encore ne vous a invité au club Bilderberg. Vous êtes encore dans la classe dominée. Et la classe dominée ne doit pas connaître les mécanismes du pouvoir. Espèces de « blacks, blacks, blacks », vous êtes des blancs colorés. Vous sentez le Finkielkraut.

J'ai envie de vous traiter de tous les noms. Mais jamais, jamais « fils de sale pute ». Car la souffrance des mères de notre banlieue francophone est incommensurable. Même la bourgeoisie le sait. La dignité ne s'achète pas. Cette valeur est la notre.  

* * * * *

La seule manière pour prendre la revanche contre le personnel politique de votre classe qui vous refuse l'appartenance est de gagner cet après-midi 4-0 sans sponsors (ainsi nos enfants regarderont le foot). Arrachez la pub de votre peau. Un beau maillot tricolore sans souillure où pour la première fois ce sera marqué FRANCE. Et la Marseillaise (le plus beau chant). Vous en êtes capables. Faites vous-mêmes l'équipe. Votre sélectionneur ne gagne pas plus que vous. Jouez avec haine (mais pas contre équipe adverse), avec abnégation, ensemble, comme à Trappes. Vous avez le talent. Avez-vous la volonté politique ?

Jetez leurs primes à la figure. Jouez pour nous une fois.

La mafia politique vous attend au virage à 16h ce mardi. Si vous perdrez, vous êtes foutus. Si vous gagnez, vous serez haïs.

 

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Published by Dimitri - dans Bulletin
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