A la manière de Diogène, philosophe cynique, regards sur la politique, l'université, la société.
En démocratie, il existe (doit exister) une séparation complète entre vie privée et vie publique. "Tα εν οικω μη εν δημω" (les affaires privées n'ont pas de place dans la vie publique) disaient les Grecs.
Pour Aristote, est citoyen celui qui participe à la vie publique. L'homme qui n'y participe pas était considéré comme un inutile et non comme un oisif.
Une femme à la burqa est complètement inutile dans la mesure où aucun échange ne peut se faire dans l'espace public entre elle et les autres. Par contre, la burqa comme le latex des secrétaires sexuelles de la bourgeoisie ne se discute pas lorsqu'ils restent dans la sphère privée.
On peut néanmoins observer que la non citoyenneté des femmes non émancipées n'est pas propre aux femmes qui portent la burqa. A l'université, des gens « cultivés » et « instruits », femmes ou hommes, ne s'expriment jamais dans l'espace public. La peur du « grand frère ». Citoyens inutiles, dirait Aristote.
Le but de la laïcité n'est pas d'organiser et garantir la liberté du culte mais de renvoyer la religion à la sphère privée.
La religion (avec ses dégâts physiques et moraux) est hélas encrée chez les couches populaires pour longtemps encore. Nous vivons toujours la préhistoire, disait K. Marx. L'histoire a montré (révolution française, révolution d'Octobre, ...) que la religion ne peut pas être combattue par des méthodes administratives. L'Art, pourvu qu'elle soit progressiste, le militantisme politique des milieux démocratiques et le combat des femmes pour leur émancipation peuvent contribuer au recul du dogmatisme religieux et de ses signes dans l'espace public.
Ceux de la gauche et de la droite cléricale, cachés derrière la laïcité, feraient mieux d'exiger l'arrêt du financement des écoles confessionnelles par l'argent public. On ne peut pas être en même temps contre la burqa et pour l'école de la burqa. On ne peut servir à la fois Dieu et Mammon. (Matthieu 6:24) ...