A la manière de Diogène, philosophe cynique, regards sur la politique, l'université, la société.
Je me tiens souvent à moi-même de longues conversations,
et je suis si intelligent que, parfois,
je ne comprends pas un traître mot de ce que je dis.
Oscar Wilde (1854-1900)
J’adore surfer sur un imaginaire majoritaire. Je n’ai pas d’effort à faire, j’ai autre chose à faire dans la vie : Je me cultive. Ma pensée est lisse, brillante, naturelle, innée. Mes arguments font autorité. Les gens simples reconnaissent ma supériorité naturelle.
Je déteste les discussions. Elles vous font parfois changer d’avis, disait-il Oscar Wilde. Les discussions avec les collègues du second rang m’indisposent. Il faut toujours faire un effort pour se mettre à leur niveau, mais je n’ai point le temps. L’inconvénient, quand je parle avec eux, c’est que je les instruis.
J’aime cultiver la distance avec les êtres inférieurs, distance génératrice de respect et d’admiration. Je suis distingué, courtois, bien élevé, consensuel avec mes égaux.
Par contre, je dois vous l’avouer, je fais un effort quotidien pour masquer mon mépris des populations anciennement colonisées, car elles ne veulent pas s’intégrer et perturbent le jeu de ma séduction. Ils introduisent de nouveaux démons dans la Cité. Les crimes coloniaux, le respect, la tolérance, la repentance, … Notions désuètes et nuisibles. Et puis, ce chiffon de foulard. Moi, qui adore le foulard Hermès et les poupées Madonna bien européennes …
Je suis aimé par les êtres qui savent aimer. Dieu (celui des chrétiens, pas l’autre) me comprend et m’acceptera au paradis. J’espère que son paradis est meilleur que certains endroits sur Terre.