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3 juin 2010 4 03 /06 /juin /2010 11:00

Le droit de la mer a été élaboré et voté par la plupart des pays du monde civilisé sauf bien sûr par les Etats-Unis et Israël. Ces deux pays ne se conforment pas aux règles du droit international car ils ne se considèrent pas égaux aux autres.

Israël et les Etats-Unis obéissent à d'autres règles. Le droit primitif, le droit du plus fort, le droit divin. D'innombrables agressions d'autres pays, d'innombrables condamnations. Un danger permanent pour la paix et la sécurité depuis 60 ans.

L'article 110 du droit international réglemente l'arraisonnement d'un bateau en haute mer.

Droit de la mer

Article 110

Droit de visite

1. Sauf dans les cas où l'intervention procède de pouvoirs conférés par traité, un navire de guerre qui croise en haute mer un navire étranger, autre qu'un navire jouissant de l'immunité prévue aux articles 95 et 96, ne peut l'arraisonner que s'il a de sérieuses raisons de soupçonner que ce navire:

a) se livre à la piraterie,

b) se livre au transport d'esclaves,

c) sert à des émissions non autorisées, l'Etat du pavillon du navire de guerre ayant juridiction en vertu de l'article 109,

d) est sans nationalité, ou

e) a en réalité la même nationalité que le navire de guerre, bien qu'il batte pavillon étranger ou refuse d'arborer son pavillon.

2. Dans les cas visés au paragraphe l, le navire de guerre peut procéder à la vérification des titres autorisant le port du pavillon. A cette fin, il peut dépêcher une embarcation, sous le commandement d'un officier, auprès du navire suspect. Si, après vérification des documents, les soupçons subsistent, il peut poursuivre l'examen à bord du navire, en agissant avec tous les égards possibles.

3. Si les soupçons se révèlent dénués de fondement, le navire arraisonné est indemnisé de toute perte ou de tout dommage éventuel, à condition qu'il n'ait commis aucun acte le rendant suspect.

 

Les massacre des innocents, militants de la paix, le 31 mai en haute mer est un exemple de la barbarie israélienne (il ne faut pas dire juive, car un Juif qui a connu la souffrance ne se comporte pas comme un barbare).

La stratégie bien rodée est la même.

Première étape. Les perroquets (« journalistes » et « experts ») à la télévision répéteront à l'unisson «  il est trop tôt pour tirer des conclusions (sur le massacre des pacifistes). On ne connaît pas les détails (!). Il semble que des terroristes sont derrière cette affaire ».

Deuxième étape. Les parrains politiques interviennent : « Nous regrettons l'erreur (!) ; nous avons demandé une commission d'enquête à l'ONU ». Quelques larmes pour atténuer la colère de l'opinion internationale. En même temps, une propagande gigantesque est entreprise dans la presse contre la victime qui ose contester l'occupation et pour le bourreau qui est bienveillant et supérieur.  La commission d'enquête est confiée à ... Israël.

Troisième étape. Quelques mois ou années plus tard on saura qu'il s'agissait d'une affaire « de légitime défense de l'armée israélienne ». Une campagne de soutient à « l'armée la plus démocratique du monde » (celle d'Israël pour la version BHL, celle des Etats-Unis pour la version Kissinger) sera organisée par les communautaristes. Un colloque sur la « démocratie » sera organisé à Tel-Aviv avec les maîtres de la presse occidentale jusqu'à la prochaine agression.

L'opinion internationale comptera les morts et Obama et Peres recevront le prix Nobel de la ... Paix.

B. Brecht s’interrogeait :

« Croyez-vous vaincre la barbarie en faisant l’ange ? »

 

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2 juin 2010 3 02 /06 /juin /2010 15:31

Theodoros Pangalos (Economie, Paris 1) est un homme politique grec. Il est actuellement vice-premier ministre. Il fait ce que la Troïka (UE-FMI-BCE) lui a demandé de faire. Il n'a pas réagi de peur de mécontenter ses maîtres. Il n'a pas riposté non plus lorsque les pirates israéliens ont attaqué le bateau grec qui réclamait protection. Il a eu peur. Cette fois-ci, il a des circonstances atténuantes, car tout le monde (y compris les Turcs) a peur dans la région (sauf la France !). Je ne soupçonne pas le vice-premier ministre de sympathie envers de tels régimes barbares. Sa lettre juste et courageuse à l'ambassadeur israélien me réconforte.

L’ambassade israélienne à Athènes avait envoyé à Pangalos, alors député PS, 3 bouteilles de vin pour les fêtes de fin d’année. Le 30 décembre 2008, M. Pangalos a renvoyé les bouteilles avec la lettre suivante.

 

Cher Ambassadeur,

Merci pour les trois bouteilles de vin que vous m’avez envoyé pour les fêtes. Meilleurs voeux, à votre famille, aux membres de votre ambassade et une bonne et heureuse année. Bonne santé et progrès pour vous tous.

J’ai malheureusement remarqué que le vin que vous m’avez offert a été produit sur les Hauteurs du Golan. J’ai toujours su, depuis tout petit, que l’on ne doit ni voler ni accepter les fruits d’un vol. Je ne peux donc accepter ce cadeau et je dois vous le restituer.

Comme on le sait, votre pays occupe illégalement les Hauteurs du Golan qui appartiennent à la Syrie, selon le droit international et de nombreuses décisions de la communauté internationale.

Je saisis l’occasion pour exprimer mon espoir qu’Israël obtiendra la sécurité à l’intérieur de frontières reconnues et que les activités terroristes contre son territoire, de la part du Hamas ou de tout autre, seront contenues et rendues impossibles ; j’espère en outre que votre gouvernement cessera de pratiquer la politique des punitions collectives appliquées sur une échelle totale par Hitler et ses armées.

Les actions comme celles que les militaires israéliens exercent actuellement à Gaza, rappellent les holocaustes de Grecs à Kalavrita, Doxato, Distomo et certainement aussi dans le Ghetto de Varsovie.

Sur ces pensées, permettez que je vous exprime, ainsi qu’aux citoyens d’Israël et aux habitants de toute la région, mes meilleurs voeux.

 

[Les massacres des habitants de Kalavrita (en décembre 43), de Distomo (en juin 1944) par les Nazis et de Doxato (en juin 1913 et Septembre 1941) par les Bulgares sont des exemples connus de l’histoire grecque.

Imaginez un député français PS faire la même chose que le député grec ! Même s’il en a envie, il se gardera bien de le faire, car il sera taxé d’antisémite par la nomenklatura dans la minute qui suit. Pourtant, il faut oser.]

 

Exemple à suivre.

 

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1 juin 2010 2 01 /06 /juin /2010 19:45

Un lecteur m’interpelle sur mon billet à propos de la Palestine. J’ai découpé son texte pour pouvoir répondre à ses questions.

 

Cher Dimitri, que de vilainies dans vos propos.

Ca confirme mon appartenance à “la racaille de la banlieue francophone”. Je n’ai jamais été invité aux universités d’Israël.

 

Je m’attendais mieux de la part d’un esprit libre (mais qui sait…) et brillant tel que le votre. Propre à dénoncer la barbarie où qu’elle se trouve.

On s’attend toujours à un discours “équilibré” de la part d’un “esprit libre”. Pour chaque Juif gazé à Auschwitz vous attendez de ma part que je mentionne un “innocent allemand” tué par un “terroriste”. Non, jamais non, jamais de ma part. Les juifs sont les victimes ; les nazis sont les bourreaux Les choses sont clairs. Il n’y a pas de symétrie. Les nazis étaient les occupants de la France. Ceux qui résistaient, n’étaient pas de terroristes mais des résistants. Aujourd’hui, les occupants sont les Israéliens (je doute s’ils sont Juifs). Les résistants sont les Palestiniens (dans la résistance il y a toutes sortes de mouvements, y compris des organisations infréquentables, comme dans le cas de la résistance des israéliens contre les Anglais). Ils veulent libérer la Palestine. Si le Hamas ne vous convient pas (c’est mon cas) choisissez un autre mouvement de résistance. La résistance française était composée de gaullistes, communistes, juifs, curés, maurrassiens, … y compris Mitterrand et même des Arabes.

Le grand résistant algérien Larbi Ben M’hidi, arrêté durant la bataille d’Alger en 1957, et à qui des journalistes reprochaient d’avoir posé des bombes dans des cafés, répondait : « Donnez-moi vos Mystère, je vous donnerai mes bombes ». Il faudra proposer aux israéliens d’échanger les armes avec les palestiniens.

Pour ma part, j’ai adopté modestement la position d’Edward Said et Daniel Barenboim. Leur position reflète l’aspiration profonde des Juifs et des Palestiniens de vivre ensemble. Un seul Etat pour un seul peuple : le peuple sémite.

 

Dois-je vous rappeler la filiation du hamas avec le nazisme ?

Le Hamas est une création de l’Etat d’Israël. A Gaza, pour contrecarrer les militants laïques d’Arafat, Israël subventionnait les années 1970-80 le Hamas, mouvement communautariste et religieux. J’ignore les affinités du Hamas avec le nazisme. C’est probablement vrai comme par exemple L’union générale des Israélites de France (UGIF) en 1941. La religion s’adapte à tout régime, surtout les plus “musclés”. Le Hamas ne peut exister sans l’extrême droite israélienne. Le peuple palestinien se dotera, je le souhaite et je l’espère, d’une direction démocratique. Je n’ai aucune sympathie aux mouvements religieux et communautaristes. Deux mille ans de christianisme suffisent pour comprendre.

 

Dois-je vous dire que MeinKampf fait parti des 5 livres les plus vendus en Palestine ?

J’ignorais cette information. J’aimerais qu’à l’Ecole on lise (avec commentaires) Mein Kampf. On comprendra que la barbarie nazie n’est pas une déviation paranoïaque d’un individu mais le produit de la classe supérieure allemande (et française). Les deux pays les plus “éduqués” de l’Europe. Les juifs progressistes éditent actuellement une édition commentée.

 

Dois-je rappeler que le prénom “adolph” est très courant en Palestine ?

J’ignorais cette information. Ca doit être dur à arabiser. Nicolas est très courant en France.

 

Ou encore, dois-je rappeler que le hamas est la branche palestinienne des frères musulmans dont le plus grand membre fût Amin al Hussein, le grand amis d’Adolph, qui provoqua bien avant la seconde guerre mondiale l’épuration juive des territoires palestinien, et dont l’idéologie affichée est le développement de l’ouma.

Les frères musulmans sont l’équivalent des catholiques intégristes en France. Même les Verts au Conseil de Paris ont demandé leur expulsion de l’église Saint Nicolas (5e). M. Delanoé, maire de Paris, refuge. Quelques borgnes et illuminés du Hamas, illettrés de surcroît, menacent la sécurité d’Israël, dont l’armée et les services secrets sont parmi les plus puissants du monde ! Ridicule. Par contre, la détention de l’arme nucléaire par la mafia militaire israélienne doit nous préoccuper davantage.

 

Ou encore dois-je rappeler que le banquier d’Hilter (executeur testamentaire d’Adolph et de Goebbels) était François Genoud (http://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_Genoud) qui finança aussi avec l’argent nazi l’olp, le hamas, et la majorité des mouvements pro-arabes après guerre !

J’ignorais cette information. C’est tout à fait possible. La CIA, des banquiers juifs et le congrès américain (Bush et Obama) financent l’Etat d’Israël.

 

Alors pour être vraiment logique, je vous invite à faire comme ces centaines de cadres du régime nazi, qui ont trouvé refuge dans la majorité des pays arabo-musulmans (Iran, Syrie, Palestine, Egypte …), qui vous offriront sans conteste un poste à votre valeur dans leur administratio ( http://www.tellthechildrenthetruth.com/where.html ).

Les cadres nazis “de ma valeur” ont été accueillis les bras ouverts par les américains. Ils ont construit la bombe nucléaire promise à Hitler. Les traces du génocide de Nagasaki et Hiroshima sont encore visibles. Les seconds couteaux se sont réfugiés aux pays arabes. L’Occident garde toujours les cadres les plus performants. H. Kissinger (Harvard) est un criminel international que l’Occident ne lâchera jamais aux Arabes !

 

Je vous aime Dimitri, vous m’avez offert le couvert et nous nous sommes entendu sur un certain nombre de point.

Ne devenez pas un Dhimmi.

Je remercie de ton conseil. On ne sait jamais. Mais ne t’inquiète pas. Allah ne déplace plus les montagnes. C’est comme les miracles à Lourdes. Il n’y a plus.

  

Pour la Palestine

Faire de cette région du monde le modèle pour le monde entier. Débarrassée du sionisme, de la religion de la mort et des armes nucléaires. Ce sera l’oeuvre des Juifs et des Palestiniens eux mêmes. Le peuple palestinien, et c’est nouveau à défaut des Juifs d’Israël manipulés par des dirigeants sionistes et barbares, aura la lourde tache de libérer les Juifs de la Palestine du système raciste, militaire et théocratique, du régime de l’apartheid, du mur de la honte où il est enfermé par les sionistes. Les Palestiniens ne sont pas responsables du crime de l’Occident. L’Europe qui a massacré les Juifs (elle était unie pour cela) porte la responsabilité entière. Les forces progressistes juives de la Palestine doivent lutter avec les forces progressistes palestiniennes pour un Etat sémite unique, démocratique, laïque, démilitarisé, non aligné. Une composante majeure de la culture méditerranéenne renaîtra.

 

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31 mai 2010 1 31 /05 /mai /2010 10:06

Ce lundi 31 mai 2010, des centaines de soldats israéliens ont attaqué les bateaux d'aide humanitaire vers Gaza. La censure militaire « a interdit la diffusion de toute information sur les morts et les blessés  ». Il y aurait 16 morts et 30 blessés. Acte de piraterie sous l’oeil complice des puissances occidentales et des états arabes.

La « flottille de la liberté » avait appareillé dimanche après-midi de Chypre avec à son bord environ 700 militants pro-palestiniens, dont le prix Nobel de la Paix 1976, le Nord-Irlandais Mairead Corrigan Maguire et des députés européens. Son objectif était d'acheminer 10.000 tonnes d'aide pour Gaza. C'est la neuvième tentative, dont cinq réussies, du mouvement Free Gaza depuis août 2008.

Honneur aux victimes de la barbarie israélienne. Tôt ou tard le peuple de la Palestine sera libéré. C'est un invariant de l'histoire. Les Grecs ont mis 400 ans (1453-1821). Le poète turc Nazim Hikmet (1902-1963) disait « Être captif, là n’est pas la question. Il s’agit de ne pas se rendre ». Résistance et solidarité. Peuple palestinien : Courage !

Mahmoud Darwich, un poète résistant

Mahmoud Darwich est parti le 9 Août dernier. Un homme libre comme tout résistant. Né en 1941 en Galilée, voit son village détruit par l’armée israélienne lors de la guerre de 1948. Sa famille, qui avait fui au Liban, rentre clandestinement deux ans plus tard. Il grandit avec les «Palestiniens de l’intérieur », sous administration militaire. Il fait ses études à l’université de Haïfa. Il milite au Parti communiste israélien, seul parti à compter des Juifs et des Arabes. Il est arrêté et emprisonné à plusieurs reprises. Et puis l’exil. Beyrouth, Caire, Moscou, Tunis, Paris. En 1993 il s’oppose avec Edward Saïd aux accords d’Oslo.

Il a publié plus de vingt volumes de poésie, sept livres en prose et a été rédacteur de plusieurs publications.

« L’œuvre de Darwich, essentiellement poétique, est une véritable défense et illustration d’une terre, d’un peuple, d’une culture en même temps qu’une entreprise hardie de genèse littéraire. Elle est hantée d’un bout à l’autre par une seule idée, une seule référence, un seul corps: la Palestine. La solitude et le désarroi de l’exil exprimés côtoient l’acceptation noble et courageuse où le désespoir profond devient générateur de création, porteur d’une charge poétique intense. » (Source : Wikipedia)

Il aurait dû avoir le prix Nobel de littérature. Mais on ne donnait pas ce prix aux communistes (le grec Nikos Kazantzakis, le turc Nazim Hikmet, …)

Le poème est extrait du recueil Les poèmes palestiniens, paru au Cerf en 1970. Il est devenu un hymne chanté dans tout le monde arabe.

 

Identité (1964)

 

Inscris !

Je suis Arabe

Le numéro de ma carte : cinquante mille

Nombre d’enfants : huit

Et le neuvième… arrivera après l’été !

Et te voilà furieux !

 

Inscris !

Je suis Arabe

Je travaille à la carrière avec mes compagnons de peine

Et j’ai huit bambins

Leur galette de pain

Les vêtements, leur cahier d’écolier

Je les tire des rochers…

Oh ! je n’irai pas quémander l’aumône à ta porte

Je ne me fais pas tout petit au porche de ton palais

Et te voilà furieux !

 

Inscris !

Je suis Arabe

Sans nom de famille - je suis mon prénom

« Patient infiniment » dans un pays où tous

Vivent sur les braises de la Colère

Mes racines…

Avant la naissance du temps elles prirent pied

Avant l’effusion de la durée

Avant le cyprès et l’olivier

…avant l’éclosion de l’herbe

Mon père… est d’une famille de laboureurs

N’a rien avec messieurs les notables

Mon grand-père était paysan - être

Sans valeur - ni ascendance.

Ma maison, une hutte de gardien

En troncs et en roseaux

Voilà qui je suis - cela te plaît-il ?

Sans nom de famille, je ne suis que mon prénom.

 

Inscris !

Je suis Arabe

Mes cheveux… couleur du charbon

Mes yeux… couleur de café

Signes particuliers :

Sur la tête un kefiyyé avec son cordon bien serré

Et ma paume est dure comme une pierre

…elle écorche celui qui la serre

La nourriture que je préfère c’est

L’huile d’olive et le thym

 

Mon adresse :

Je suis d’un village isolé…

Où les rues n’ont plus de noms

Et tous les hommes… à la carrière comme au champ

Aiment bien le communisme

Inscris !

Je suis Arabe

Et te voilà furieux !

 

Inscris

Que je suis Arabe

Que tu as raflé les vignes de mes pères

Et la terre que je cultivais

Moi et mes enfants ensemble

Tu nous as tout pris hormis

Pour la survie de mes petits-fils

Les rochers que voici

Mais votre gouvernement va les saisir aussi

…à ce que l’on dit !

 

DONC

 

Inscris !

En tête du premier feuillet

Que je n’ai pas de haine pour les hommes

Que je n’assaille personne mais que

Si j’ai faim

Je mange la chair de mon Usurpateur

Gare ! Gare ! Gare

À ma fureur !

 

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30 mai 2010 7 30 /05 /mai /2010 10:31

Sujet n° 8. Commenter un extrait du Peuple (1846), texte de l'historien Jules Michelet (1798-1874) :


Plus de contact avec le peuple. Le bourgeois ne le connaît plus que par la gazette des tribunaux. Il le voit dans son domestique qui le vole et se moque de lui. Il le voit, à travers les vitres, dans l'homme ivre qui passe là-bas, qui crie, tombe, roule dans la boue. Il ne sait pas que le pauvre diable est, après tout, plus honnête que les empoisonneurs en gros et en détail qui l'ont mis dans ce triste état.

 

Question n° 1 : Le « domestique qui le vole et se moque de lui » habite-t-il en banlieue francophone ? Celui qui roule dans la boue est-il plus honnête que Sarkozy ? (on ne donnera pas la définition de l’honnêteté).



Question n° 2 : Qui sont-ils ces « empoisonneurs en gros et en détail » ? Sont-ils des mineurs récidivistes ? Les jeunes des apéros géants ? Les lolitas qui agressent les génies fragiles ? Les voleurs de nos portables ? Les Auvergnats ?



Question n° 3 : Pensez-vous que la position excessive de l'auteur est liée à son exclusion du Collège de France ? Les « pogroms républicains » ont-ils pour origine la pensée rigide de Michelet ?


Question hors barème. Donner une définition sommaire du peuple. On exclura les auteurs de la haine et de la guerre civile (Zola, Hugo, Babeuf, Michelet, …). On ne commentera pas l’article de la constitution de la Ve république « la république est le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple ».

 

 

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29 mai 2010 6 29 /05 /mai /2010 17:18

Deux économistes suisses, Bruno S. Frey et Lasse Steiner, de l’Institut de recherche (?) empirique (??) en économie (!) de l’université de Zurich proposent d’adopter l’« art à la minute » comme nouvelle tarification aux musées.

« Au lieu de faire payer les visiteurs lorsqu’ils entrent au musée, on le ferait à la sortie. Et plus ils passent de temps dans le musée, plus le prix de sortie est élevé. »

« Les prix de sortie devraient être indiqués dès l’entrée pour que les visiteurs puissent s’adapter. Par exemple, il pourrait être signalé qu’une visite d’une heure coûte 10 euros, et une de deux heures, 15 euros. Bien sûr, le prix […] peut aussi être calculé en continu, minute par minute. »

« Les visiteurs peuvent ajuster leur paiement en fonction de leurs besoins réels. Si, par exemple, les vingt premières minutes sont gratuites, ils peuvent quitter le musée sans payer s’ils n’ont pas apprécié. »

« Les gens pourraient être incités à se hâter à travers l’exposition, mais un tel comportement serait contrebalancé par les prix dégressifs à mesure que le temps avance. »

 

[Quelques remarques sur « art à la minute ».

1. « Les vingt premières minutes sont gratuites » disent-ils. Ils sont incultes ces chercheurs. Anna Karina, Claude Brasseur et Sami Frey ont mis neuf minutes quarante trois secondes pour faire le musée du Louvre dans le film du suisse Jean Luc Godard Bande à part. Dix minutes gratuites serait économiquement plus rentable.

2. La marchandisation de tout est une affaire ancienne. Le consommateur a remplacé le citoyen depuis belle lurette. Nos « chercheurs » sont en retard d’une guerre. Papier alimentaire ?

3. Sommes - nous obligés de subventionner les « recherches » de ce type ? Il faudra au contraire mettre une taxe à la pollution intellectuelle, au profit des employés de service des musées de l’Europe. Néanmoins, afin de ne pas pénaliser mes collègues aux recherches brillantes comme celle dont on parle, il faudra demander leur attribuer une aide du ministère de l’agriculture (45% du budget communautaire contre 0,2% celui de la Culture). Ainsi, en approfondissant l’étude universitaire, les visiteurs-moutons des musées pourront « ajuster leur paiement en fonction de leurs besoins réels » (pisser ou chier sur un tableau en fonction de la qualité du tableau). Nos chercheurs de haut niveau n’ont pas prévu la question de l’assurance des oeuvres. Il faudra un deuxième papier aussi original que le premier.

4. Les honorables chercheurs ont oublié de surtaxer les nus dans les musées. Une entrée spéciale aux oeuvres pour « adultes » donnerait des ressources supplémentaires pour piller tout ce qui reste en Afrique.

5. Pour les chercheurs en panne de sujets, je proposerai l’art de la minute aux rapports sexuels, le prix du ticket de métro en fonction de la durée, l’école en fonction de la durée à la minute près, le prix de recherches au kilo-minutes pour l’université de Zurich, l’utilisation des chiottes à la seconde près.

6. Une idée pour nos chercheurs de talent à développer. Une taxe de 2 euros pour ceux qui visitent Venus au musée du Louvre au profit de la Grèce apporterait 18 millions d’euros par an ou 180 millions en dix ans. Transformés en obligations en dix ans ça rapporterait 300 millions à la Grèce qui a tant besoin.

7. Pour nos chercheurs inventifs les Grecs disent : « Quand le diable n’a rien à faire, il baise ses enfants ». Que les personnes cultivées m’en excusent. Je n’en fais pas partie. Il y a de limites à la marchandisation.]

 

Un texte de Pierre Bourdieu, chercheur aussi mais de bas niveau.

Les chances de survie de la culture

par Pierre Bourdieu.

Est-il encore possible aujourd’hui, et pour combien de temps encore, de parler d’activités culturelles et de culture en général ? Il me semble que la logique de plus en plus poussée de la vitesse et du bénéfice, qui s’exprime dans la lutte pour le profit maximum en un minimum de temps – comme dans l’audimat de la télévision, les chiffres des ventes en librairie et dans la presse, et le nombre de visiteurs pour les nouveaux films – est inconciliable avec l’idée de culture. Si les conditions écologiques de l’art dont parlait Ernst Gombrich sont détruites, l’art et la culture les suivront de près.

Je rappelle ce qu’il est advenu du cinéma italien, naguère l’un des meilleurs au monde et qui survit aujourd’hui grâce à une poignée de réalisateurs, du cinéma allemand ou d’Europe de l’est. Je rappelle la longue crise du film d’auteur qui a disparu des circuits de distribution, ainsi que le destin de la radio culturelle, de plus en plus liquidée de nos jours au nom de la modernité, de l’audimat et d’un pacte occulte avec le nouveau monde des médias.

Suprématie de la grosse distribution

Mais on ne comprendra pas ce que signifie la marchandisation de la culture tant qu’on ne se souvient pas comment sont nés les univers de la production culturelle, que nous considérons comme universels dans le champ des arts plastiques, de la littérature ou du cinéma. Toutes ces œuvres telles qu’elles sont exposées aujourd’hui dans les musées, toutes les créations littéraires qui sont devenues pour nous des classiques, tous les films qui sont conservés dans les cinémathèques, sont le produit du travail collectif d’univers sociaux qui ont pu se développer peu à peu en se détachant des lois du monde quotidien et en particulier de la logique du profit.

Un exemple fera mieux comprendre : le peintre du quattrocento devait – on le sait grâce aux contrats conservés – s’imposer à son commanditaire afin que son œuvre ne soit pas traitée comme une simple marchandise, évaluée à sa taille et au prix des couleurs utilisées ; il devait lutter pour le droit de pouvoir signer son œuvre, le droit donc d’être traité comme un auteur, ces droits que l’on n’appelle « droits d’auteur » que depuis peu (et pour lesquels Beethoven aussi avait déjà combattu) ; il devait lutter pour l’unicité, la valeur de cette œuvre, de même que des critiques, des biographes et une histoire de l’art née tardivement, afin de s’imposer comme artiste, comme « créateur ».

Tout cela est aujourd’hui menacé, à une époque où l’œuvre d’art n’est plus perçue que comme marchandise. Les combats actuels des réalisateurs pour leur droit au final cut et contre le producteur exigeant de prendre la dernière décision sur l’œuvre, ces combats sont l’exact pendant de la lutte des peintres au quattrocento. Il aura fallu presque cinq cents ans pour conquérir le droit de choisir librement les couleurs, la manière de s’en servir, et enfin, en tout dernier lieu, le droit de choisir librement le sujet, tandis qu’on le faisait disparaître, comme dans l’art abstrait, au grand dam des commanditaires bourgeois. Il fallait aussi pour le développement du cinéma d’auteur, tout un univers social, des petites salles projection et des cinémathèques montrant des films « classiques » et fréquentées surtout par les étudiants, des cinéclubs créés par des profs de philo enthousiastes, des critiques compétents comme dans les Cahiers du Cinéma, et enfin des réalisateurs qui ont appris leur métier en voyant et revoyant des films qu’ils commentaient ensuite dans les Cahiers. Il fallait qu’il y ait tout un milieu social dans lequel un certain cinéma pouvait être valorisé et reconnu.

Ce sont précisément ces univers sociaux qui sont menacés aujourd’hui par l’avancée du cinéma commercial et la suprématie des gros distributeurs, avec lesquels tout producteur, sauf s’il assume lui-même la distribution, doit toujours compter. Au terme d’une longue évolution, ils se trouvent aujourd’hui dans une involution, une régression, un retour à des situations antérieures : d’œuvre à marchandise, d’auteur à ingénieur qui épuise toutes les possibilités techniques, aligne des effets spectaculaires, engage la star appropriée, le tout extrêmement coûteux, pour surprendre ou satisfaire les attentes immédiates du spectateur (que l’on tente souvent de préparer avec l’aide d’autres techniciens, les spécialistes du marketing).

Que faire ?

Réintroduire la prépondérance des « affaires » dans des univers qui ne sont nés que peu à peu et contre elles, signifie mettre en danger les plus magnifiques créations de l’humanité, l’art, la littérature, même la science. Je ne pense pas que quelqu’un puisse vraiment vouloir cela. Aussi je me suis rappelé la fameuse formule de Platon, selon laquelle personne n’est mauvais de plein gré. S’il est vrai que les puissances de la technologie, alliées aux forces de l’économie, la loi du profit et de la concurrence, menacent la culture, que peut-on faire pour contrer ce mouvement ? Que peut-on faire pour conforter ceux qui ne peuvent subsister que dans le long terme, ceux qui, comme les impressionnistes, travaillent pour un marché futur ?

J’aimerais bien vous convaincre que la lutte pour un profit maximum et immédiat ne veut pas nécessairement dire, lorsqu’il s’agit d’images, de livres ou de films, suivre une logique de l’intérêt bien compris. Si chasse au profit maximum veut dire tenter d’atteindre un public maximum, cela signifie courir le risque de perdre un public actuel sans pouvoir en gagner un autre – perdre un public proportionnellement limité de gens qui lisent beaucoup et fréquentent musées, théâtres et cinémas, sans gagner de nouveaux lecteurs ou spectateurs dans la durée.

Le microcosme des producteurs

Quand on sait que dans les pays développés au moins, la durée et l’étendue de la formation scolaire et le niveau de formation général continuent d’augmenter et que toutes les pratiques qui leur sont intimement liées restent donc en vigueur, on pourrait aussi songer qu’une politique d’investissements économiques dans les produits et les producteurs culturels qui présentent toutes les « caractéristiques de qualité » nécessaires, serait payante au moins à moyen terme et même dans une perspective économique.

Et c’est d’ailleurs pourquoi il ne s’agit pas non plus de choisir entre « globalisation », - c’est-à-dire soumission aux lois des « affaires », suprématie du commercial qui est toujours l’adversaire de ce que, à peu près partout, on entend par culture – et défense des cultures nationales ou de telle ou telle apparition d’un nationalisme ou régionalisme culturel.

Le kitsch de la « globalisation » commerciale – jeans, coca-cola ou feuilletons mélo, ou le gros film commercial à effets spéciaux ou encore la « world fiction » - est présent partout face aux créations de l’internationale littéraire, artistique ou cinématographique, dont la capitale ne représente en aucun cas – même si Paris l’a été longtemps et l’est peut-être encore – le refuge d’une tradition nationale de l’internationalisme artistique, pas plus que Londres ou New York. Car tout comme Joyce, Faulkner, Kafka, Beckett ou Gombrowicz – irlandais, américain, tchèque ou polonais – ont été marqués par Paris, de même, une multitude de réalisateurs contemporains comme Kaurismäki, Manoel de Oliveira, Satiajit-Ray, Kieslowski, Woody Allen, Kiarostami et beaucoup d’autres n’existeraient pas comme ils existent, sans cette internationale littéraire, artistique et cinématographique dont le siège social est à Paris, sans doute parce que, pour des motifs purement historiques, le microcosme de producteurs et de récepteurs qui était indispensable à sa survie et nécessitait une évolution longue, n’a pu survivre que de cette manière.

Résistance de la culture

Il a fallu plusieurs siècles, je le répète, pour donner les producteurs qui produisent pour des marchés encore à venir. Ce serait mal poser la question, comme on le fait souvent aujourd’hui, que d’opposer à la « globalisation » (que l’on situait du côté du pouvoir commercial ou économique, ou du côté du progrès et de la modernité) un nationalisme attaché aux formes archaïques de conservation de souveraineté culturelle. Car en réalité il s’agit ici d’un combat entre un pouvoir commercial visant à étendre au monde entier les intérêts particuliers des « affaires » et de ceux qui les dirigent ; il s’agit d’une résistance de la culture reposant sur la défense de l’universalité des œuvres culturelles qui sont produites par l’internationale apatride de leurs créateurs.

On raconte que dans ses rapports avec son grand commanditaire, le pape Jules II, Michel-Ange respectait si peu les formes protocolaires que le pape s’efforçait toujours de se placer le plus vite possible pour devancer Michel-Ange. Il s’agit aujourd’hui de poursuivre cette tradition inaugurée par Michel-Ange, une tradition de distance par rapport au pouvoir temporel et surtout par rapport aux nouvelles puissances qui s’incarnent à présent dans l’alliance de pouvoir entre l’argent et les médias.

Pierre Bourdieu, quotidien helvétique Tages Anzeiger, 08/12/99. Traduction française de Marie Meert. http://www.homme-moderne.org

 

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29 mai 2010 6 29 /05 /mai /2010 08:32

Sujet n° 7. Commenter la phrase du journaliste et écrivain Jules Vallès (1832 - 1885) :


Ou insurgé, ou complice : il n'y a pas à sortir de là.


Le sujet étant difficile et délicat quelques indications sont indispensables. Votre réussite au Bac compte plus que votre opinion personnelle.


On pourra montrer par exemple que la complicité n'est pas synonyme de culpabilité, que l'insurrection crée plus de problèmes qu'elle n'en résout, que côtoyer les puissants n'est pas un délit, que la collaboration n'a pas que des aspects négatifs, … On pourra mettre en relief que l'insurrection est la mère de la guerre civile. Déplacer les lignes, abandonner les dogmes, créer des consensus ce sont des formes de rébellion. On doit toujours relativiser. Si l'insurrection fascine les esprits curieux on pourra s'inspirer de la révolte de Mme Royal ou de la rébellion de M. Bayrou. On pourra mettre en évidence la révolte de 1789 qui a isolé la France des autres cours royales et l'a discréditée. La digne collaboration en 1940 a évité au pays une grande catastrophe.


On insistera en particulier sur la structure de la phrase plutôt que sur son contenu. Il s'agit d'une dissertation et non d'une tribune politique.

 

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28 mai 2010 5 28 /05 /mai /2010 16:27

Depuis l'allégement des programmes scolaires et universitaires, nos élèves ne savent plus compter ni comparer. Le sujet suivant a pour but d'habituer l'élève au raisonnement économico-mathématique élémentaire.


Sujet n° 6. Commenter cette coupure de presse tirée d'un quotidien au goût douteux et belliqueux :

 

Un système où trois personnes possèdent l'équivalent de la richesse des quarante-trois pays les plus pauvres mérite-t-il le nom de civilisation ?


Indications : Si vous utilisez le marxisme comme outil, vous êtes obligés de démontrer rigoureusement ce que vous écrivez, dans les autres cas, faites une dissertation avec de belles phrases. Ne contestez pas l'énoncé du sujet. La réalité est pire encore. Vous pouvez relativiser. Pensez à DSK au FMI, Rocard ou Barre.


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26 mai 2010 3 26 /05 /mai /2010 12:48

Sujet n° 5. Commenter un texte du mathématicien Roger Godement (Préface au Cours d'Algèbre, 1966).


… il nous semble que, dans les "grandes" nations surdéveloppées scientifiquement et techniquement où nous vivons, le premier devoir des mathématiciens, et de beaucoup d'autres, serait plutôt de fournir ce qu'on ne leur demande pas - à savoir des hommes capables de réfléchir par eux-mêmes, de dépister les arguments faux et les phrases ambiguës, et aux yeux desquels la diffusion de la vérité importerait infiniment plus que, par exemple, la Télévision planétaire en couleurs et en relief : des hommes libres, et non pas des robots pour technocrates. … Mais même en enseignant des Mathématiques, on peut du moins essayer de donner aux gens le goût de la liberté et de la critique, et les habituer à se voir traités en êtres humains doués de la faculté de comprendre.


Question n° 1 : Les profs mis en avant par l'auteur forment-ils un ensemble vide ? Connaissez-vous de tels profs ?


Question n° 2 : La reforme LMD de l'Université ne risque pas de provoquer trop de liberté et d'esprit critique, nuisibles au bon fonctionnement de l'institution ?


Question n° 3 : Les propos excessifs de l'auteur sont-ils de nature à provoquer une guerre civile ?


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25 mai 2010 2 25 /05 /mai /2010 13:26

Sujet n°4. Sujet du bac philo, 12 juin 2003 :

Le bonheur est-il affaire privée ?

Mon chien, ma femme, ma réussite, ma carrière, mes frais de mission, mon portable, mon mobile, ma maîtresse, ma place, ma place de parking, ma bagnole, mon 4x4, mes vacances d'hiver, mes vacances d'été, mes vacances quand je veux, ma médaille, ma notoriété, mes colloques, mes loisirs, ma bouffe bio, mes petits extra, mon yoga, ma gymn, mes Nike, mes enfants, ma surface, ma maison de campagne, mon jardin, ma clôture, mes actions, mon habilitation, mes conjectures, mon intelligence, ma beauté et ma fortune, …

Je suis heu-reux ! Elle n'est pas belle la vie ?

Le bonheur est-ce affaire collective ? Paysan ! Inculte ! Bolchevique ! Nihiliste !

* * * * *

Aristote, Politiques, I, 2

Il est manifeste, à partir de cela, que la cité fait partie des choses naturelles, et que l'homme est par nature un animal politique, et que celui qui est hors cité (...) est soit un être dégradé soit un être surhumain (...). Car un tel homme est du même coup naturellement passionné de guerre, étant comme un pion isolé au jeu de trictrac.

C'est pourquoi il est évident que l'homme est un animal politique plus que n'importe quel animal grégaire. Car, comme nous le disons, la nature ne fait rien en vain; or seul parmi les animaux l'homme a un langage. Certes la voix est le signe du douloureux et de l'agréable, aussi la rencontre-t-on chez les animaux; leur nature en effet est parvenue jusqu'au point d'éprouver la sensation du douloureux et de l'agréable et de se les signifier mutuellement. Mais le langage existe en vue de manifester l'utile et le nuisible, et par suite aussi le juste et l'injuste. Il n'y a en effet qu'une chose qui soit propre aux hommes par rapport aux animaux : le fait que seuls ils ont la perception du bien et du mal, du juste et de l'injuste (...). Avoir de telles notions en commun, c'est ce qui fait une famille et une cité.

 

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