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31 octobre 2008 5 31 /10 /octobre /2008 14:34

Si la girouette pouvait parler,

elle dirait qu’elle dirige le vent.

Jules Renard (1864-1910)

Notre Président est très fort. On se rappelle la déclaration de son premier ministre : « La France est en faillite ». Pourtant, le Président a trouvé 360 milliards pour sauver nos banques et nos emplois. Énorme ! Et même « c’est grâce à la détermination de Nicolas Sarkozy, président de l’Union européenne, qu’un krach boursier semble avoir été évité ». Plus fort que Mme Betancourt.

La belle du Poitou n’est pas contente. « Tous les responsables bancaires qui ont fauté soient interdits de profession bancaire ». Mais Madame, nos banquiers sont sortis de nos meilleurs universités du monde. Connaissez-vous plus compétents ? Plus éthiques ? Mme Notat les note depuis des années. Ils sont excellents. Nous n’allons pas tout de même laisser le destin du pays aux universités de province.

« Je ne fais aucune confiance au Medef et à tous les banquiers qui y siègent pour établir des codes de bonne moralité ! », continue Mme Royal. Elle est folle ! Communiste ! Irresponsable ! Anti-féministe ! Indigne de BHL ! Madame, soyez raisonnable. Vous prônez la guerre civile. Michel Rocard ne vous le pardonnera jamais. Le pape est vexé ; Blair aussi.


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31 octobre 2008 5 31 /10 /octobre /2008 09:10

VLADIMIR : C est ce qu’on se disait.

POZZO : C’est une honte, mais c’est ainsi.

ESTRAGON : On n’y peut rien.

La Caisse d’épargne (l’Ecureuil) a perdu 600 millions d’euros en jouant au casino. Le journal vespéral des marchés commente : « L’accident est imputé à un groupe de traders qui n’aurait pas respecté de nouvelles limites d’investissements fixées du fait de la volatilité des marchés. » Ah, ces feux rouges !

Pas grave. Un accident. Ça arrive. Il suffit de faire des heures supplémentaires et tout ira mieux. Les magasins vont ouvrir le dimanche. Les barbituriques sont pas chers en ce moment ; faut en profiter. Restons calme. Les évêques, les imams et les rabbins sont en train de faire des prières. La sortie du tunnel est pour bientôt. Un ou deux trimestres. Nos élites sont formelles : il n’y a pas d’autres solutions.

Qu’attendons nous, rassemblés sur la place publique ? Pourquoi les rues, les places se vident si vite, et chacun rentre chez lui l’air soucieux ? Parce que les bolcheviques viendront nous prendre ce qui nous reste …

Le peuple diverti et contrôlé attend Godot.


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30 octobre 2008 4 30 /10 /octobre /2008 19:15

La concurrence est rude. Mme Sarah Palin est plus jeune, plus belle, plus chrétienne, plus réactionnaire que Ségolène. Alaska est plus important que Poitou.

Ségolène l’a compris. Elle a changé. Le Zenith toute seule. Sans BHL. New look, dynamique, coiffure Gala, mouvements inspirés de dalaï-lama, discours Madonna. Top modèle. Loin de Bernadette Soubirous. Félicitations à ses drivers et plus particulièrement à Dominique Besnehard, son ami agent de stars. Elle a de l’avenir cette petite.

Henri Emmanuelli, crypto-communiste archaïque, critique « cette vision de la politique axée sur le marketing, qui s’inscrit dans la logique de la publicité commerciale, qui néglige le fond », estimant que « c’est le genre de cérémonie qui est entre le show business et le rassemblement de secte ».

« Je suis là aujourd’hui, je serai là demain ! Rien ne me fera reculer » a-t-elle déclaré.

Jésus, que ma joie demeure.


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19 octobre 2008 7 19 /10 /octobre /2008 13:44

Le Palais de l'Élysée tremble. La Haute craint le pire. Le président de la République porte plainte contre Gustave Flaubert !

Mes amis littéraires me disent souvent que les écrivains décrivent mieux la France que « la gazette des tribunaux » et les rapports sociologiques. Au temps de Balzac et de Flaubert, j'en conviens. Mais, plus aujourd'hui.

Prenez par exemple le plus grand écrivain vivant, BHL. Il n'a jamais écrit un seul mot sur les adultères et autres moeurs de ces grands responsables (et amis) qu'il côtoie tous les jours, comme Flaubert le faisait au 19e siècle. Ou comme par exemple notre peintre national Maupassant qui décrivait au détour d'une phrase les banquiers et leurs femmes : « Elle a d’ailleurs assez souffert d’avoir épousé un juif, mais elle lui est restée fidèle. »

Et puis les écrivains-documentalistes-romanquetistes français d'aujourd'hui préfèrent se pencher sur le sort des Inuits ou les papillons bleus de l'Amazonie plutôt que sur le destin de la banlieue francophone ou de la monarchie républicaine.

Il ne reste plus que les Renseignements Généraux (créés en 1911) pour décrire la France. Institution unique en Europe (mise à part les dictatures), la France d'en haut s'est toujours méfiée de la France d'en bas. Mais surtout elle aime perpétuer les intrigues du palais de l'époque de nos rois nobles et raffinés. Le ministère de l'intérieur emploie 3.800 fonctionnaires, chargés d'espionner leurs concitoyens. Des notes « blanches » ou en couleur d'une valeur littéraire, historique et sociologique inestimable. Une note blanche vaut plus que le manuscrit de l'Education sentimentale. Des écrivains et des poètes, pourtant fonctionnaires mal payés au « service de la République », rendent compte tous les jours aux gouvernants de tout ce qui bouge. Comme le souligne le grand chef des RG Yves Bertrand « je recueillais des informations sur tout le monde et je rendais compte. Toute ma carrière, j'ai rendu compte ».

Oh France ! Douce France ! Aucun écrivain ne t'a peint mieux que les RG. « Un Libanais s'est converti au judaïsme pour épouser la fille d'Heilbronner ». « N.S. fait construire une villa à côté de Sartrouville, fait venir des entreprises de Neuilly. Tout au black ». « N.S. a acheté pour sa première femme un appartement au château de Madrid à Neuilly ». « Tassez a reçu du fric de Falcone pour Sarko, de Jean-Christophe et de chefs d’Etat africains ». « N.S. 150 000 francs en liquide dans son cabinet ». « conversation téléphonique entre l’épouse et la meilleure amie de celle-ci, où il est question d’adultère ». « N.S. couche avec la femme d’un député » (lequel est aujourd’hui ministre) ... Les sites du Point et du NouvelObs vous renseigneront plus en détail sur les coucheries réelles ou virtuelles et les acquisitions immobilières de nos élites.

Lionel Jospin, (ex-premier ministre, ex-Lambertiste) n'est pas content de son employé : « Il apparaît clairement que ce haut fonctionnaire indélicat et nuisible a été maintenu en fonction et protégé par le président Jacques Chirac pendant douze ans ». Nicolas Sarkozy a porté plainte contre ce conseiller, grand chef des RG.

Le pouvoir a toujours détesté les écrivains (les vrais ; Sollers est honoré au Vatican et chez la tendance Brasillach). Prenez par exemple le cas de Mme Bovary. Lors du procès de Flaubert, le 31 janvier 1857, l'avocat impérial établissait les faits : « Ce mari du lendemain « que l'on eût pris pour la vierge de la veille », et cette mariée « qui ne laissait rien découvrir où l'on pût deviner quelque chose ». Ce mari qui se lève et « part le coeur plein des félicités de la nuit, l'esprit tranquille, la chair contente », s'en allant « ruminant son bonheur comme ceux qui mâchent encore après dîner le goût des truffes qu'ils digèrent ». « Il trouvait tous les soirs des meubles souples et une femme en toilette fine, charmante et sentant frais, à ne savoir même d'où venait cette odeur, ou si ce n'était pas la femme qui parfumait la chemise. » Assez de citations de détail ! « La médiocrité domestique la poussait à des fantaisies luxueuses, les tendresses matrimoniales en des désirs adultères, »... « elle se maudit de n'avoir pas aimé Léon, elle eut soif de ses lèvres. »... On vous a parlé tout à l'heure des souillures du mariage ; on va vous montrer encore l'adultère dans toute sa poésie, dans ses ineffables séductions. J'ai dit qu'on aurait dû au moins modifier les expressions et dire : les désillusions du mariage et les souillures de l'adultère ... Nous savons maintenant, messieurs, que la chute n'a pas lieu dans le fiacre ... Tantôt, c'est la souillure du mariage, tantôt ce sont ses platitudes, mais c'est toujours la poésie de l'adultère. Voilà, messieurs, les situations que M. Flaubert aime à peindre, et malheureusement il ne les peint que trop bien.

Yves Bertrand et son éditeur, les RG, seront acquittés … (Charles Pasqua) ajouta même un grand mot, le seul qu’il ait jamais dit :

C’est la faute de la fatalité !


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18 octobre 2008 6 18 /10 /octobre /2008 19:17

Le directeur du Fonds monétaire international (FMI), le Français Dominique Strauss-Kahn, 59 ans, au bout de six mois de service « a eu des relations intimes avec une subordonnée, une belle hongroise, chef du département Afrique du FMI ». L’affaire a été rendue publique par l’époux de Madame, un économiste argentin renommé, autrefois employé au FMI.

Une enquête a été réclamée par Shakour Shaalan, qui représente l’Egypte et d’autres pays arabes au conseil d’administration du FMI (salopards d’incultes d’arabes), sous les conseils de représentants de la Russie (je m’y attendais de cet espion stalinien de Poutine) et des Etats-Unis (je suis profondément déçu du monde libre).

« L’incident qui s’est produit dans ma vie privée a eu lieu en janvier 2008. A aucun moment, je n’ai abusé de ma position de directeur du fonds », a déclaré le brillant économiste.

Heureusement la société Morgan, Lewis & Bockius LLP qui a été chargée de mener une enquête à ce propos et devrait rendre ses conclusions fin octobre est une société responsable qui va innocenter Dominique. « Des sources proches de l'enquête confirment pour le moment que rien ne suggère un quelconque traitement préférentiel. » C'est bien ce que je pensais.

* * *

La 46e avenue est triste à mourir la nuit. Edward Hopper nous a montré la solitude et la mélancolie dans Nighthawks. Les européens doivent survivre dans un environnement hostile, puritain et rétrograde. Il doivent constituer un îlot européen pour affronter le stress de la vie américaine. L’Europe, avec ses beautés et ses valeurs. De Gaulle n’avait rien compris à l'Europe.

* * *

Anne Sinclair (Droit, IEP), fille d’un riche industriel, petite-fille du grand marchand d’art new-yorkais Paul Rosenberg dont elle est une des héritières est correspondante à New York de Canal +. « Finalement, je suis né avec Anne », confie DSK. « Anne Sinclair transforme le rapport de son mari avec sa judéité et lui révèle un monde nouveau, elle qui connaît le Tout-Paris depuis toujours. » dira son biographe.


[ADDITIF 18h30 ce dimanche. Anne s'est exprimée : « Pour ma part, cette aventure d'un soir est désormais derrière nous. Nous avons tourné la page. Puis-je ajouter pour conclure que nous nous aimons comme au premier jour ». Une femme parfaite ! Ah ! si ma femme était comme ça ! Quant à Dominique il « enchaîne les réunions et sa seule préoccupation est d'apporter rapidement une solution pour réguler la crise ». Réunion sur réunion, ce n'est pas une mélodie hongroise ; c'est la marche militaire D733.1]

* * *

« Le seul vrai problème de Strauss-Kahn est son rapport aux femmes. Trop pressant, il frôle souvent le harcèlement. Un travers connu des médias, mais dont personne ne parle (on est en France). Or, le FMI est une institution internationale où les mœurs sont anglo-saxonnes. Un geste déplacé, une allusion trop précise, et c’est la curée médiatique. Après Jacques Attali et ses goûts somptuaires qui lui ont coûté la présidence de la Berd, la France ne peut pas se permettre un nouveau scandale. » (Jean Quatremer, correspondant de Libération à Bruxelles, dans son blog en juillet 2007)

Adieu France frivole et secrétaires panthères Dior de mauvais goût.

* * *

Le droit de cuissage ou droit de jambage est une coutume qui aurait conféré aux seigneurs du Moyen Âge, soit le droit de passer une jambe nue dans le lit de la mariée, soit celui de consommer le mariage. On dit que ce droit a pu être racheté à prix d'argent, puis qu'il s'est changé en un impôt sur le mariage. Aux XVIIIe et XIXe siècles, des écrivains et historiens comme Voltaire dans son Essai sur les mœurs ou Jules Michelet, ont accrédité la thèse que ce droit permettait à un seigneur d'avoir des relations sexuelles avec la femme d'un vassal ou d'un serf la première nuit de ses noces.

Il y a évolution dans la société moderne occidentale. Depuis la libération de la femme le prix est plus élevé. On parle souvent de « promotion canapé ». Bien entendu dans notre milieu universitaire cette voie de promotion nous est complètement inconnue.

* * *

La mélodie hongroise D817. L’irrésistible, l’envoûtante beauté. Pétillante, sautillante, d’une tendresse infinie. Une Sorcière de Salem divine et possédante. Cette insoutenable légèreté de l’être. Mon dieu que nous sommes faibles devant ces trois minutes de bonheur. Schubert retourne à Vienne vers la fin de l’automne.

La Mélodie hongroise sera élargie et transposée de si mineur à sol mineur, dans le finale du Divertissement à la hongroise en 2012.


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18 octobre 2008 6 18 /10 /octobre /2008 08:26

La vérité est une seule, l'erreur est multiple.

Ce n'est pas un hasard si la droite est pluraliste

Simone de Beauvoir (1908-1986)

« Mettre le système financier au service de l’économie ! », réclame la vedette du Zenith. Et tout ira mieux. C’est la faute de l’économie virtuelle qui empoisonne l’économie réelle … Et vas-y que je te raconte une autre …

« Il faut dire la vérité aux Français », proclame le Président. « Le marché n’a pas toujours raison. C’est une idée folle. » Sans blague ! Le grand président de la petite république qui doute, a raison. Ils nous cachent la vérité. Il demande que les «responsables du désastre soient sanctionnés et rendent des comptes ». Le désastre, le tsunami, l’apocalypse. Dieu nous a puni car nous n’avons pas voulu de réformes et nous allons ainsi léguer une situation catastrophique à nos enfants.

Le Fouquet’s Team avait annoncé la révolution nationale. Les Baverez allaient mettre l’économie au bon endroit. Tous les matins sur les médias du vieux régime oligarchique les Adler guidaient nos pas. Le changement était au quotidien. Le président est allé même chercher la croissance avec les dents. Le Figaro des académiciens et normaliens nous vantait le progrès du seul et unique régime au monde. Les Slama et les Rioufol ramaient dur pour nous apprendre au pauvre peuple les vérités de ce monde. La pauvreté du tiers monde la misère du quart monde. Nous étions les premiers de la classe. L’Empire, les colonies ; nos sujets, nos élèves. Thèses export. Décadence. Ils nous haïssent.

Le Monde des Minc et le savoir-dire des Colombani nous rassurait. La Ligue Communiste (!) révolutionnaire (!!) avec ses efforts titanesques nous écartait la guerre civile. Le petit facteur côtoyait la chienne de « France Culture » Olga. Le socialisme pragmatique avait conquis le monde ; Lamy à l’OMC et DSK au FMI rayonnaient pour le bonheur de tous. Le Socialisme ! On était heureux dans notre illusion. Ils nous cachaient la vérité, répète le petit Maréchal.

Et Rothschild est arrivé avec des cadeaux. Des petits Joffrin et des Carla partout. Ils nous ont dit la vérité sur les races, sur la polyandrie, sur plein de choses. Nous étions heureux dans nos illusions. Et puis, Val a civilisé l’extrême gauche en éliminant les vipères antisémites nourries en son sein. Mais la vérité ce n’était qu’une partie de la vérité. Tout ça pour rien ?

Pourtant, on y croyait. Les grands réformateurs Barre Rocard, Juppé avaient dit la vérité aux Français. La France a été modernisée. Une Bourse qui rivalisait avec celle de Londres. Les Français se sont réconciliés avec leur entreprise. On aimait les patrons en échange de quelques barbituriques seulement. Mais, ils n’ont pas dit toute la vérité. Le Président nous le rappelle.

Juppé (sacrifié) fidèle à Chirac se tait. Le petit SciencesPo, celui dont le père disait que « mon fils est un con », l’homme d’impôts et amnisties diverses ose annoncer la « grande convergence possible entre une droite réformatrice et intelligente » avec la « gauche non révolutionnaire ». Le petit Rocard avec son petit bateau de 18 mètres a-t-il la stature d’un homme de bateau de 64 mètres ? C’est possible. «Michel Rocard a décidé de confier la gestion de ses interventions » à l’un de ses consultants en communication politique, Daniel Reyt. Ils nous cachent la vérité, a dit le Président.

Des patrons voyous ! Qui sont-ils ? Je n’en voyais pas. L’immense philosophe-sentinelle BHL n’a jamais parlé dans sa Presse. L’homme de la sensibilité aiguë Finkielkraut n’a jamais dit un mot à la télé le dimanche à l’heure du déjeuner de la famille.

Enfin, il faut dire la vérité aux Français. Il faut refonder le capitalisme. La France doit se métamorphoser. Les gens inutiles prennent la place de ceux qui veulent faire des heures supplémentaires. Horreur ! Les pauvres sont plus pauvres. On ne peut plus rien leur prendre. Malheur ! Faut une guerre.

Il faut des reformes. Il faut en finir avec le système bolchevique. Il faut tout déréglementer et réglementer ce qu’il faut. Il faut sauver les banques et les traders. Il faut amnistier les bons Français qui rapatrieraient leurs capitaux contre la souscription d'un emprunt d'Etat. Il faut en finir avec le laisser-faire syndical. Au travail ! Travail (supplémentaire), famille (qui consomme), patrie (en faillite). En attendant un avenir radieux « dès que la situation mondiale redeviendra meilleure ».


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17 octobre 2008 5 17 /10 /octobre /2008 19:51

Il ne faut jamais désespérer nos étudiants. Prenez par exemple le cas d’Axel Miller. Il a seulement un Master en Droit de l’Université Libre de Bruxelles. Il était administrateur délégué de Dexia, banque internationale et de taille importante. Il a toujours donné satisfaction à ses actionnaires. En retour, un salaire total 2007 de 1.890.820€. Le 30 septembre 2008 il réussit à obtenir pour sa banque un cadeau de 6,4 milliards de la part des gouvernements français (surendetté), belge (en faillite) et luxembourgeois (paradis fiscal). Il percevra 3,7 millions d’euros pour la réussite de son plan. Résultat excellent pour un tel diplôme.

Son Conseil d’Administration est composé des personnalités compétentes et clairvoyantes de premier plan comme Anne-Marie Idrac, ex SNCF, actuellement Secrétaire d’État en charge du Commerce extérieur et Denis Kessler, du cercle Strauss-Kahn, ex vice-président du MEDEF.

« Le président de la République a tenu à indiquer au Conseil des ministres qu’il souhaitait très rapidement l’adoption d’un texte encadrant le système des parachutes dorés. »

Axel Miller a déclaré à la télévision belge qu’il était contre les parachutes dorés quand les patrons ont démérité. « Mais en ce qui me concerne, je n’ai pas démérité, et personne ne m’a dit que j’ai démérité », a-t-il ajouté. Il a même annoncé qu’il renonce à ses indemnités de départ (d’ailleurs dérisoires par rapport à son talent). Compétence, distinction, abnégation.

Notre Président ferait mieux de s’occuper des affaires publiques (tout ce qui reste) au lieu de s’immiscer aux affaires privées de nos brillants capitaines d’industrie et de la finance la plus fine.


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16 octobre 2008 4 16 /10 /octobre /2008 18:06
Les âmes supérieures s’offusquent des sifflets de notre hymne national (un des plus beaux) dans les stades. « C’est la République qu’on a sifflé ! ». « Tout match avant lequel La Marseillaise serait sifflée sera immédiatement arrêté ». Les matchs avec les pays du Maghreb ne soient plus joués au Stade de France, mais « chez eux ou en province ». Et Mme Fadela Amara, le plus beau slogan : « Pas de pitié avec ces gens-là ! »
 * * *
Par contre, Adidas, Canal + et LG sur nos maillots tricolores contribuent sûrement au rayonnement de notre République.
 * * *
La jeune Louise Michel (1830-1905) avait pris des risques (elle) en remplaçant à son école la prière du matin par la Marseillaise, ce chant révolutionnaire interdit sous l’empire et la restauration (les héritiers sont au gouvernement aujourd'hui). Notre actuel président de la République n’était pas né en 1853. Il aurait sans doute soutenu la démarche de l’institutrice du peuple. Il l'aurait convoquée à l'Elysée pour la soutenir pour sa démarche ...
 * * *
Les résistants (eux) ne chantaient pas la Marseillaise de (ou avec) Pétain. Notre actuel président de la République s'y connaît en Guy Mocquet et autres résistants. Un prof émérite disait que la Marseillaise « est même confisquée par un courant chauvin ».
 * * *
Le 30 mars 1871, la commission des élections valide l’élection du juif hongrois, ouvrier bijoutier, Léo Frankel au Conseil général de la Commune :  « Considérant que le drapeau de la Commune est celui de la République universelle ; considérant que toute cité a le droit de donner le titre de citoyen aux étrangers qui la servent […], la commission est d’avis que les étrangers peuvent être admis, et vous propose l’admission du citoyen Frankel. »
Léo Frankel est promu ministre du Travail et inspire toute l’œuvre sociale de la Commune. Les polonais Jaroslav Dombrowski et W. Wrobleski assument des commandements militaires. La russe Elisabeth Dmitrieff, 20 ans, envoyée par K. Marx, dirige l’Union des Femmes.
Notre Gustave Flaubert était, hélas, hostile à la Commune.
 * * *
Lorsque la jeunesse grecque sifflait l’hymne grec après le coup d’état du 21 avril 1967, ce sont les colonels fascistes qu’elle sifflait.
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Le Serment d’allégeance (Pledge of Allegiance), rédigé en 1892 et complété en 1954, est prononcé chaque jour par les élèves des écoles primaires américaines qui, debout devant le drapeau des Etats-Unis, la main sur le coeur, proclament : « Je jure allégeance au drapeau des Etats-Unis d’Amérique et à la République qu’il représente, une nation placée sous la protection de Dieu, indivisible et garantissant liberté et justice pour tous ».
La référence à Dieu a été rajoutée par les maccarthystes en 1954 pour se démarquer des  « godless communists ». Insulter le drapeau américain, c’est aussi insulter Dieu !
Le pauvre (!) Ben Laden essaie de faire la même chose chez lui mais le fou de dieu Bush veut le monopole.
 * * *
Dans un village, le jeune étranger est premier dans son école ; mention « très bien ». Ses profs décident, comme l’usage le veut, de le nommer porte-drapeau lors du défilé national. Tollé général de l’association des parents d’élèves : « C’est un étranger qui porte notre drapeau ! ». L’année suivante le jeune toujours premier (19,9/20) se fait naturaliser. Même situation. Les mêmes toujours rétorquent : « Il n’est pas né au pays ! ». Le jeune renonce à porter le drapeau sous la pression des « élites ».
Cette histoire se passe en Grèce d’aujourd’hui. Le jeune est un Albanais (de surcroît il s’appelle Ulysse !), l’équivalent d’un Algérien-Marocain-Tunisien en France. Le pays de Socrate perd ses valeurs. Honte aux Grecs.
L’orateur Isocrate (-436 ~ -338) disait que Grec est celui qui participe à l’éducation (culture) grecque (Panégyrique, 4.47). Alors, c’est quoi un Français ?
 * * *
Derrière l'alibi du drapeau se cachent la race, le sang, la religion, l’assimilation, la nostalgie de l’Empire, le gaullisme assimilateur, l’ordre, le sacre des rois, le drapeau pétainiste, la patrie (du pognon en Suisse), …
« Nous sommes avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne. Sinon, la France ne serait plus la France. » (Charles de Gaulle, président de la république, 1959).
« Si tous les Arabes et Berbères d’Algérie étaient considérés comme Français, comment les empêcherait-on de venir s’installer en métropole. Mon village ne s’appellerait plus Colombey-les-deux-Églises, mais Colombey-les-deux-Mosquées ! » (De Gaulle, 1959).
 * * *
« Ça fait du bien de crier », dit Leila qui s'est époumonée mardi, fière dans son tee-shirt rouge et blanc. « C'est pour toutes les fois où on a baissé la tête, toutes les humiliations. »
« Au stade, on n'est pas passif, c'est un des rares endroits où on peut encore manifester publiquement. Il ne faut pas s'en étonner.  » (W. Nuytens, sociologue, univ. d'Artois)
 * * *
Laissons Jules Michelet, l’amant de la France - la notre - conclure :
« En nationalité, c’est tout comme en géologie, la chaleur est en bas. Descendez, vous trouverez qu’elle augmente ; aux couches inférieures, elle brûle. Les pauvres aiment la France, comme lui ayant obligation, ayant des devoirs envers elle. Les riches l’aiment comme leur appartenant, leur étant obligée. Le patriotisme des premiers, c’est le sentiment du devoir ; celui des autres, l’exigence, la prétention d’un droit. »
 * * *
Par mesure de sécurité, je dirai à mes étudiant(e)s, chantez la Marseillaise (le local) avec l’Internationale (le global). Dieu reconnaîtra les siens.

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8 octobre 2008 3 08 /10 /octobre /2008 22:03

Un homme ne se mêlant pas de politique

mérite de passer,

non pour un citoyen paisible,

mais pour un citoyen inutile.

Thucydide, -460 ~ -395

Mes amis universitaires sont déprimés. La crise, les faillites de banques, LRU-LMD, Lehman Brothers, les subprimes, … Ils n’arrivent plus à expliquer le monde.

Jadis, ils étaient marxisants. Fardeau lourd à porter, car il faut argumenter à chaque instant et comme vous le savez nous n’avons pas le temps.  Exit le marxisme soft.

Ils sont devenus socialistes. Blair et compagnie leur a cassé la baraque. Ils préfèrent s’appeler désormais sociaux-démocrates. Mais, hélas, pas de penseurs, pas de grands noms, pas de billes pour les soirées d’hiver sans film à la télé. Barre est parti avec Papon sous les bras, Rocard est parti chez le petit bonaparte. Et Kausky n'est plus enseigné à SciencesPo.

A l’Ecole normale on élabore de nouveaux concepts pour cela. Une nouvelle conjecture est née : « L’avenir du socialisme est libéral ! ». Marque déposée par Mme Canto-Sperber, directrice de l’ENS-ULM et animatrice de la bibliothèque Médicis. Certes, le socialisme est libéral comme tout le reste, mais chaque jour est un nouveau jour. Le socialisme a disparu en cours de route faute de clients. Le marché ne l’aime pas trop. Il ne reste plus que libéral.

Les sociaux-libéraux. C’est mieux. Appelez-moi social-libéral, mais attention ; toujours avec le préfixe « social ». Le bas on l’enlèvera à la prochaine crise.

Nos (sociaux-)libéraux fatigués et réduits au RSA intellectuel se retournent vers les vieux staliniens :

« Que dit Marx a propos de la crise ? ».

Ah !, ces collègues sympathiques dont l’esprit critique est incommensurable. Ca donne envie d’adopter un socialiste dans les orphelinats. Ne dites pas à ma mère que je travaille à l’université ; elle me croit pianiste dans un bordel !

Allons-y. Venons au secours des âmes en détresse. Aidons la veuve et l'orphelin.

Ludwig van Beethoven l’avait compris. Il fallait en finir avec le vieux monde où dieux et rois étaient au centre. Son 16e quatuor en témoigne. « Le faut-il ? Il le faut ! » écrit-il sur sa partition. Il fallait une rupture. Le révolutionnaire romantique passe le relais au révolutionnaire réaliste Gustave Courbet. En 1851, il crée les Casseurs de pierres, « la première peinture socialiste ».

Entre-temps, en 1848, il y a exactement 160 ans, Karl Marx publie Le manifeste du parti communiste. Le point 5 de son programme donne une réponse à ceux qui souhaitent en finir avec l’économie-casino du libéralisme. Il est intéressant de citer les dix points du programme afin d’éloigner le plus loin possible les libéraux.

« … pour les pays les plus avancés, les mesures suivantes pourront assez généralement être mises en application :

1.   Expropriation de la propriété foncière et affectation de la rente foncière aux dépenses de l’Etat.

2. Impôt fortement progressif.

3.  Abolition de l’héritage.

4. Confiscation des biens de tous les émigrés et rebelles.

5. Centralisation du crédit entre les mains de l’Etat, au moyen d’une banque nationale, dont le capital appartiendra à l’Etat et qui jouira d’un monopole exclusif.

6.  Centralisation entre les mains de l’Etat de tous les moyens de transport.

7. Multiplication des manufactures nationales et des instruments de production; défrichement des terrains incultes et amélioration des terres cultivées, d’après un plan d’ensemble.

8.  Travail obligatoire pour tous ; organisation d’armées industrielles, particulièrement pour l’agriculture.

9.  Combinaison du travail agricole et du travail industriel; mesures tendant à faire graduellement disparaître la distinction entre la ville et la campagne.

10. Education publique et gratuite de tous les enfants. Abolition du travail des enfants dans les fabriques tel qu’il est pratiqué aujourd’hui. Combinaison de l’éducation avec la production matérielle, etc. »

Mes amis, pour sauver actions et autres produits financiers, sont prêts à tout sauf à l’application du point 3. La jurisprudence Strauss-Kahn (HEC, Paris X, FMI) est toujours en vigueur. Il faut déclarer hors jeu ceux qui n’ont à transmettre ni patrimoine immobilier, ni actifs financiers, ni « attachement à l’économie de marché ». « Du groupe le plus défavorisé, on ne peut malheureusement pas toujours attendre une participation sereine à une démocratie parlementaire. Non pas qu’il se désintéresse de l’Histoire, mais ses irruptions s’y manifestent parfois dans la violence. »

Le grand journaliste de Lagardère's Team, Claude Askolovitch, directeur du Journal du Dimanche, journal politique de premier plan, dans un sondage scientifique nous montre que le professeur DSK est LE recours en cas de crise prolongée et non souhaitée du meilleur système économique du monde.

En attendant son retour, laissons Marx conclure :

« Une partie de la bourgeoisie cherche à porter remède aux anomalies sociales, afin de consolider la société bourgeoise.

Dans cette catégorie, se rangent les économistes, les philanthropes, les humanitaires, les gens qui s’occupent d’améliorer le sort de la classe ouvrière, d’organiser la bienfaisance, de protéger les animaux, de fonder des sociétés de tempérance, bref, les réformateurs en chambre de tout acabit. Et l’on est allé jusqu’à élaborer ce socialisme bourgeois en systèmes complets …

… Le socialisme bourgeois n’atteint son expression adéquate que lorsqu’il devient une simple figure de rhétorique.

Le libre-échange, dans l’intérêt de la classe ouvrière ! Des droits protecteurs, dans l’intérêt de la classe ouvrière ! Des prisons cellulaires, dans l’intérêt de la classe ouvrière ! Voilà le dernier mot du socialisme bourgeois, le seul qu’il ait dit sérieusement.

Car le socialisme bourgeois tient tout entier dans cette affirmation que les bourgeois sont des bourgeois - dans l’intérêt de la classe ouvrière. »

Malheur aux vainqueurs. Ils n’ont jamais pu créer une civilisation.

 

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30 septembre 2008 2 30 /09 /septembre /2008 23:32

La guerre, c’est la paix. La liberté, c’est l’esclavage. L’ignorance, c’est la force.

George ORWELL (1903-1950), “1984”, p.14

Le novlangue est la langue officielle de l’Océania inventée par George Orwell pour son roman 1984. Il est une simplification lexicale et syntaxique de la langue destinée à rendre impossible l’expression des idées subversives et à éviter toute formulation de critique (et même la seule « idée » de critique) (voir plus en détail sur Wikipédia).

Les journalistes appelaient le mur de Berlin « mur de la honte ». Aujourd’hui, ils appellent le mur d’Israël « mur de sécurité ! ». Pourtant, c’est si simple. Un mur qui sépare deux peuples s’appelle simplement « mur de l’apartheid ».

On lira avec profit le livre LQR : La Propagande du Quotidien, d’Éric Hazan, concernant la propagande néolibérale inspirée du concept de Lingua Tertii Imperii dite LTI (langue du Troisième Reich).

Voici les termes les plus courants utilisés par les hommes politiques, la presse et la télévision, les universitaires de la droite et de la gauche décomplexées. La liste n’est pas exhaustive.


Lorsqu’on vous dit

traduire par

acteurs économiques

exploiteurs et exploités

apolitique

de droite

archaïsmes

acquis sociaux

arme atomique

bombe nucléaire

armée de libération

armée d’occupation

boys

militaires américains

communauté internationale

le club G8

communication

propagande

compétitivité accrue

baisse des salaires

comprendre

se soumettre

dégâts collatéraux

massacres de civils

démocratie

oligarchie, marché

démocratie de marché

capitalisme

devoir d’ingérence

loi du plus fort

dommages collatéraux

bombardement de civils

école libre

école privée, confessionnelle

économie de marché

économie capitaliste

éducation à la citoyenneté

éducation à la soumission

égalité des chances

Inégalité sociale

équilibre budgétaire

baisse des dépenses sociales

flexibilité

précarité

fluidifier les relations sociales

corrompre des syndicalistes

fond structurel

argent versé aux patrons

forces vives

patronat

frappe

bombardement

frappes chirurgicales

bombardements massifs

gagner plus

travailler plus

guerre économique

paupérisation

guerre préventive

terrorisme d’État

hôtesse de caisse

caissière sans parole

implantations

colonies israéliennes

laïcité ouverte, positive

entorses à la laïcité

liberté de marché

lois de la jungle

mesure d’éloignement

expulsion

modernisation

démantèlement

nouvelle économie

capitalisme sauvage

ordre républicain

CRS contre les squats, SDF,…

ouverture du capital

privatisation

paix sociale

absence de grève

partenaires sociaux

alliés du patronat

pédagogie

manipulation

pédagogique

idéologique

plan social

licenciement collectif

police de proximité

BAC

pouvoir de nuisance

liberté de faire grève

pragmatisme

trahison

prise d’otages

grève

privilèges

acquis sociaux universels

radio libre

radio commerciale

réforme

régression

réforme pédagogique

baisse dépenses éducation

ressources humaines

travailleurs

restructuration

plan de licenciements

sans-papiers

ouvrier pauvre étranger

secret défense

mensonge d’État

sécurité

répression

séparation unilatérale

emprisonnement

sous-traitants (en Irak)

mercenaires

syndicat responsable

jaunes

TVA sociale

impôt antisocial

terroristes

résistants

travailleur privé d’emploi

chômeur

tsahal

armée israélienne

 

 

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