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1 janvier 2010 5 01 /01 /janvier /2010 12:06

Le bien-être des pauvres,

des gens du peuple et des classes inférieures

et la multiplication des gens de cette sorte

renforcent la démocratie.

(Constitution d’Athènes, I, IV).

La Grèce en faillite ! L’Europe s’émeut. Les agences de notation ne donnent pas cher de la survie de la « race » hellénique. Pourvu que la démocratie disparaisse avec.

Faisons le point sur la faillite. Le gouverneur de la Banque de Grèce gagne quatre millions d’euros par an, « salaire » conforme aux standards européens. Les golden boys des entreprises performantes (secteur public et privé) ont des salaires supérieurs à cinq cent mille euros. Les Banques auront cette année des bénéfices déclarés supérieurs à dix milliards. Le port de Pirée est vendu, les accords pour le gazoduc sont défavorables aux Grecs, les achats d’armes sont en progression.

Le marché grec est déjà saturé. Les grandes marques n’arrivent pas à innover en gadgets. Le capitalisme vert qui propose une décadence durable n’est pas encore adopté par les Grecs, méfiants au progrès.

Les classes moyennes (supérieures) sous prétexte de vivre les derniers moments de l’humanité s’éclatent à Arahova (Saint Moritz grec des enrichis légalement par la Crise). Tout de même, ils ont une pensée affectueuse à la racaille de la banlieue grécophone. Les rebetica en boucle en témoignent.

Les investissements des riches entrepreneurs grecs dans les Balkans et en Turquie atteignent des sommets inimaginables il y a quarante ans. La délocalisation de l’argent est plus facile que la délocalisation de l’usine.

Le paradis fiscal en Europe s’appelle Grèce. Mieux que la Suisse. Les riches ne payent pas d’impôts (27%). La petite bourgeoisie est gâtée (profs, médecins, architectes, avocats, ... déclarent au fisc moins que les ouvriers !). L’Eglise (orthodoxe !) est exempte d’impôts. Aucun contrôle fiscal. Les trois-quart des 195 médecins de Kolonaki (quartier équivalent du 16e arrondissement de Paris) gagnent moins de trente mille euros par an !

Le droit du travail a été complètement défait. Exploit à l’actif du gouvernement précédent, lequel pourtant n’avait pas l’air tellement sarkozyste. Flexibilité et stages (prononcés en anglais, la langue d’Homère n’étant pas assez riche) sont les maîtres-mots du patronat moderne. Les jeunes et vieux sont les variables d’ajustement. La main d’oeuvre étrangère bon marché sans droits ni toit enchante les patrons au détriment de la classe ouvrière autochtone plus chère, frappée durement par la crise. Le racisme, fils de la misère, s’est installé au pays de Xenios Zeus. « On réserve les allocs aux étrangers ! ». Déjà vu en France. Ici, les Arabes on les appelle Albanais. Pourtant, « l’identité nationale » à la grecque tient bon. Les minarets, de l’époque de l’occupation ottomane, font partie du paysage. La burqua, comme objet sexuel nouveau, n’est connue des Athéniens que par la pub à la télé de Citroën C5.

Les scandales et la corruption sont les invariants du système libéral. L’impunité est presque garantie par la Loi. La moitié des députés grecs ont été impliqués dans le scandale Siemens (pots de vin, commissions) dont le cerveau européen fut le directeur de cabinet de Mme Merkel. Le nouveau gouvernement PS promet la transparence. Les libéraux dénonceront la « transparence totalitaire » et le gouvernement ajournera le projet (timide).

Curieux peuple grec ! Il a la Presse la plus libre au monde. Nombre de journaux incalculable. De tout bord (ou presque). Hélas de qualité médiocre. Internet prend le relais doucement, mais moins qu’en France. Le dégoût en France pour Figaro-Monde-Liberation n’a pas affecté les journaux grecs correspondants. Il est vrai en Grèce, il n’y a pas de « philosophes » (BHL, Finkielkraut, …). Les Grecs se sont toujours méfiés des sophistes.

Les agences de notation, voyous de la finance internationale, ont déclassé la Grèce. Les pauvres Grecs ont osé porter au pouvoir la social-démocratie (la plus soft). « La social-démocratie conduit au stalinisme ». Les profits sont en baisse. Les gens revendiquent. C’est mauvais pour la santé du Capital. Les requins de la finance font pression sur le gouvernement pour combler le déficit, car la confiance (qui signifie bénéfice maximal) est rompue. Le gouvernement calme les milieux financiers. Il a promis de faire « tout ce qui est nécessaire » pour restaurer la crédibilité financière (remplacement d’un fonctionnaire sur cinq seulement et la privatisation de tout ce qui reste de juteux). Qui dit mieux ?

En Grèce comme en France les coupables sont connus : Les ouvriers qui revendiquent, les employés qui ne travaillent pas assez, des retraités qui n’investissent pas, les étrangers qui mangent le pain et les allocations des autochtones, les syndicats qui ne sont pas consensuels, les partis politiques non libéraux.

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Published by dimitri - dans Bulletin
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