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24 mai 2010 1 24 /05 /mai /2010 19:33

Sujet n° 3. Commenter la phrase de Victor Hugo (1802-1885) :


Je choisis le parti des barbares de la civilisation plutôt que celui des civilisés de la barbarie.


Indications : Choisir le camp des civilisés de la barbarie ; penser à ceux qui corrigent votre copie et à votre avenir professionnel. Vous avez également intérêt à relativiser la phrase de notre écrivain national. S’inspirer de l’œuvre de DSK et Sarkozy. La référence aux Lumières est à proscrire.

Citer des représentants des grandes civilisations. Vous pouvez utiliser des exemples tirés du monde libre comme Bush, Berlusconi, Blair, BHL, Finkielkraut et autres esprits raffinés et des contre-exemples tirés de l'axe du mal comme Saddam, Ben Laden, …

Mais attention, ne citez surtout pas Hitler, Pinochet, Papadopoulos, Bokassa, Amin Dada, Somoza, Trujillo, Vidella, Massu, … On vous demande une dissertation et pas un tract communiste ; et en plus, on ne fait pas de politique.

Si malgré tout vous avez choisi le parti des barbares de la civilisation on vous souhaite du courage.

* * * * *

Un texte de Victor Hugo

Les troupes anglo-françaises entrent le 6 octobre 1860 à Pekin, envahissent la résidence d’été de l’empereur en fuite, la saccagent, la dévastent. Victor Hugo écrit le 25 novembre 1861 au capitain Butler :

« Vous me demandez mon avis, monsieur, sur l’expédition de Chine …/… Nous, Européens, nous sommes les civilisés, et pour nous, les Chinois sont les barbares. Voila ce que la civilisation a fait à la barbarie.

Devant l’histoire, l’un des deux bandits s’appellera la France, l’autre s’appellera l’Angleterre. Mais je proteste, et je vous remercie de m’en donner l’occasion ; les crimes de ceux qui mènent ne sont pas la faute de ceux qui sont menés ; les gouvernements sont quelquefois des bandits, les peuples jamais.

L’empire français a empoché la moitié de cette victoire et il étale aujourd’hui avec une sorte de naïveté de propriétaire, le splendide bric-à-brac du Palais d’été.

J’espère qu’un jour viendra où la France, délivrée et nettoyée, renverra ce butin à la Chine spoliée.

En attendant, il y a un vol et deux voleurs, je le constate.

Telle est, monsieur, la quantité d’approbation que je donne à l’expédition de Chine.


(Cette lettre est publiée dans Nora Wang, Ye Xin, Wang Lou, Victor Hugo et le sac du Palais d’été, Les Indes savantes/You Feng, 2003 et reproduite dans Le Monde Diplomatique, Octobre 2004)

 

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Published by Dimitri - dans Bulletin
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