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16 mai 2010 7 16 /05 /mai /2010 11:33

Le plus grand philosophe vivant est atterré, inquiet. Il garde pourtant espoir.

 « Je suis atterré par la double décision qui vient d’être rendue publique. Je suis atterré par la brutalité de ces juges californiens qui n’ont pas voulu entendre la supplique de Samantha Geimer les adjurant de tourner la page et d’abandonner les poursuites. Je suis atterré par la sottise d’une justice qui semble n’être là, comme l’a d’ailleurs dit l’avocat de Samantha Geimer lui-même, que pour servir les intérêts politiques d’un juge californien en campagne électorale.
Je suis effondré de voir que la requête de Roman Polanski demandant à être jugé, oui, mais par contumace, n’ait pas été entendue non plus, comme si l’on n’avait d’autre désir que de le voir, fers aux pieds, traîné et humilié devant le grand tribunal de l’Opinion. Je pense à lui. Je pense à ses enfants et à son épouse. Je pense à ce cauchemar éveillé qui s’éternise. Il ne reste qu’un espoir : que la justice helvétique ait la sagesse de rompre avec cette farce morbide et criminelle, en refusant l’extradition qu’on lui demande. Elle a tous les arguments pour cela. La morale et le bon sens seraient avec elle. Ce serait, de surcroît, la voie de l’honneur. »

Je l’avais dit à Bernard-Henri. Bush était un vrai libéral. Il a tenu parole. Mme Clinton est restée sourde aux suppliques de B. Kouchner. Obama ne veut rien entendre malgré la lettre que Sarkozy lui a remise. Obama est un bâtard. Cruel et sadique. Il veut prolonger le calvaire du génie du cinématographe. La Lolita, connue de tout Hollywood et des environs, est toujours libre et méprise la Justice. Le gouverneur Schwarzenegger, Conan le barbare, ne fait rien pour arrêter cette descente aux enfers de la victime innocente.

Pour l'instant, il n’y a que la Banque qui peut le sauver. Le seul qui a un passeport de la Banque, c'est un petit fabricant de films, un certain Jean-Luc Godard, « un antisémite qui essaie de se soigner ». Il a signé le contrat.

Le président Sarkozy a téléphoné à la présidente suisse pour prendre des nouvelles du séquestré. Nous gardons espoir.

Suisses collabos, au nom de la morale, du bon sens et de l’honneur, libérez l'innocente victime du complot.

* * *

Le grand philosophe évoque deux conjectures fondamentales, qui peuvent constituer le socle d'une Justice post démocratique.

La victime (plutôt partenaire), si elle a obtenu satisfaction (au propre ou au figuré, le plaisir étant à codifier), doit abandonner toute poursuite devant les tribunaux. La fascination de la victime pour l'agresseur, constatée scientifiquement par Sigmund doit nous conduire à abandonner les vieux principes archéo-démocratiques selon lesquels la justice doit être rendue au nom du peuple. Nos anciens avaient certes raison, car il y avait en occurrence un peuple. Ce n'est plus le cas. Surtout chez Obama.

D'autre part, comme l'usage l'a imposé, en cas de conflit entre entreprises, les avocats d'affaires interviennent pour résoudre le problème, sans encombrer les tribunaux dont la scolastique médiévale choque les esprits inventifs. C'est l'évolution normale de la société. La liberté de violer qui on veut et comme on veut à condition de payer le prix doit être inscrite dans la loi. Le seul point qui reste à réglementer c'est le prix de l'acte. Il est inadmissible qu'on réclame 500.000 dollars (plus les intérêts) pour une lolita américaine de 13 ans et 2.000 pour une maghrébine de 16 ans. Ou va-t-on ?

Il existe une pratique assez répandue qui pervertit le jugement impartial. Des hommes politiques sont sous l'influence de leurs électeurs. En Amérique en plus, celle des Tocqueville ancien et nouveau, les juges sont élus par la populace et surtout par ceux qui n'ont jamais vu un film de Polanski. De surcroît, ce sont parfois des musulmans comme Obama ou des autrichiens douteux comme Schwarzenegger qui arrivent au pouvoir. Tout ça à cause des élections ... il faut supprimer les élections. Les juges sont sous la pression de la racaille, d'où « la brutalité de ces juges californiens ».

Il faut une justice rabbinique douce comme celle proposée pour la France par le grand rabbin Sitruk. « Je souhaite créer un tribunal rabbinique d’arbitrage au service de chacun. .../... Nous devons apprendre à régler les problèmes entre nous ».

Enfin, un troisième point est sous-jacent au texte du philosophe post Lumières. Peut-on juger les génies ? Qui pourrait les juger ? L'Académie des Beaux Arts a rendu son verdict, le prestigieux festival de Cannes s'est prononcé également. Le suisse Jean-Luc Godard a signé. Voilà des exemples sages et pondérés. Le jugement par des hommes cultivés, représentants de la classe supérieure, détentrice du savoir, de la sagesse et de la culture est le seul qui garantie pleinement l'impartialité. 

* * *

August Strinberg (1849-1912) répond à la question Quels sont les auteurs de la classe supérieure. Extrait de son opuscule Petit catéchisme à l’usage de la classe inférieure.

« Quelles oeuvres d’art doivent être louées ?

Celles qui glorifient la classe supérieure.

Raphaël et Michel-Ange sont les plus célèbres puisqu’ils glorifient les mensonges de la classe supérieure.

Shakespeare a glorifié les rois. Goethe s’est glorifié lui-même en se faisant passer pour l’écrivain de la classe supérieure.

Et les autres oeuvres d’art ?

Les autres ne doivent pas exister.

Zola a décrit les souffrances de la classe inférieure et les crimes de la classe supérieure ; c’est pourquoi on l’appelle un écrivain ordurier. Ordure est un mot utilisé par la classe supérieure pour qualifier tout ce qui se rapporte à la classe inférieure. »

Strinberg mettrait sans doute aujourd’hui sur la liste des auteurs de la classe supérieure I. Bergman et R. Polanski que nous avons tant aimés, l’un et l’autre, dans notre jeunesse. Ils n'étaient pas des auteurs orduriers.

Strinberg avait énoncé le théorème depuis longtemps mais j'étais ignorant. La petite bourgeoisie « éclairée » est souvent aveugle et ignorante. Erreur de jeunesse. Mea culpa. Mais, il me reste Godard. « Quand je vois le champ du plan, je vois aussi son hors-champ ». Voit-il encore ?

 

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Published by Dimitri - dans Bulletin
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