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18 juin 2010 5 18 /06 /juin /2010 10:50

J'ai découvert Mathieu Kassovitz, hier soir en direct à la télé. Assis à côté de la sage représentante du PC (genre mère Denis version étudiante) et du turbulent (dans un vers d'eau de l'Ecole normalisée) représentant (genre commercial) du PS, je croyais qu'il allait apporter la caution artistique à la masturbation intellectuelle d'une philosophe et d'un économiste remplaçants à l'équipe de France officielle de BHL et Finkielkraut.

Mais non. Il était simple, clair, humain, profondément humain. Il a osé parler de la tragédie de la classe ouvrière (à la télé même à une heure tardive). En parlant des ouvriers il dira exactement ce que tout citoyen constate dans le quotidien : « Les ouvriers s'en prennent plein la gueule ; comment se fait-il qu'il n'y a pas de mort (parti les patrons) ? ». La gauche-caviar avale sa langue et baisse la tête, l'extrême droite outrée essaie de l'amener au piège bien connu de la classe supérieure. Appel à la violence ! Appel au meurtre !! Embarquez-le.

Heinrich Bôll (il me semble) dans un dialogue avait dit aussi la même chose.

- Quel est l’événement le plus inattendu et le plus surprenant des décennies écoulées ?

- LA PATIENCE DES PAUVRES !

Mathieu Kassovitz, seul (presque) sur le plateau regardait les martiens qui dissertaient sur l'éthique, les subprimes, le volcan, les retraites avec une sincérité absolue. Godard vous dira que les salauds sont sincères. C'est la grande différence de cette époque post-démocratique. Méfions-nous. Ils nous ont volé même la sincérité.

Mathieu Kassovitz se méfie de la version officielle des événements du 11 septembre. Il a raison, tant qu'il ne tombe pas dans camp conspirationniste. Depuis quand les Etats-Unis disent la vérité ? Au Viêt-Nam ? Au Chili du 11 septembre ? En Grèce des colonels ? Lorsque Colin Powell brandissait à l’ONU le flacon des produits chimiques ? A Guantanamo ? En Afghanistan ?

A propos du révisionnisme (cette fois-ci du vrai !) j'ai pensé encore à Godard.

« Pendant la projection d’un film impérialiste, l’écran vend aux spectateurs la voix de l’État-Patron. Cette voix caresse, endort ou matraque.

Pendant la projection d’un film révisionniste, l’écran est un haut-parleur d’où sort une voix qui était jadis déléguée par le peuple, mais qui n’est plus aujourd’hui la voix du peuple. En silence le peuple regarde son propre visage déformé.

Pendant la projection d’un film militant, l’écran est seulement un tableau noir sur lequel sont inscrits les images et les sons produits par l’analyse concrète d’une situation concrète, c’est-à-dire la lutte des classes. Devant cet écran, la population réfléchit, apprend, lutte, critique et se transforme. » (J-L. G par J-L. G, Paris, éd. de l’Etoile, 1985).

Malgré les efforts de Bourdieu, il n'a jamais été admis au Collège de France.

 

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Published by Dimitri - dans Bulletin
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