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19 octobre 2008 7 19 /10 /octobre /2008 13:44

Le Palais de l'Élysée tremble. La Haute craint le pire. Le président de la République porte plainte contre Gustave Flaubert !

Mes amis littéraires me disent souvent que les écrivains décrivent mieux la France que « la gazette des tribunaux » et les rapports sociologiques. Au temps de Balzac et de Flaubert, j'en conviens. Mais, plus aujourd'hui.

Prenez par exemple le plus grand écrivain vivant, BHL. Il n'a jamais écrit un seul mot sur les adultères et autres moeurs de ces grands responsables (et amis) qu'il côtoie tous les jours, comme Flaubert le faisait au 19e siècle. Ou comme par exemple notre peintre national Maupassant qui décrivait au détour d'une phrase les banquiers et leurs femmes : « Elle a d’ailleurs assez souffert d’avoir épousé un juif, mais elle lui est restée fidèle. »

Et puis les écrivains-documentalistes-romanquetistes français d'aujourd'hui préfèrent se pencher sur le sort des Inuits ou les papillons bleus de l'Amazonie plutôt que sur le destin de la banlieue francophone ou de la monarchie républicaine.

Il ne reste plus que les Renseignements Généraux (créés en 1911) pour décrire la France. Institution unique en Europe (mise à part les dictatures), la France d'en haut s'est toujours méfiée de la France d'en bas. Mais surtout elle aime perpétuer les intrigues du palais de l'époque de nos rois nobles et raffinés. Le ministère de l'intérieur emploie 3.800 fonctionnaires, chargés d'espionner leurs concitoyens. Des notes « blanches » ou en couleur d'une valeur littéraire, historique et sociologique inestimable. Une note blanche vaut plus que le manuscrit de l'Education sentimentale. Des écrivains et des poètes, pourtant fonctionnaires mal payés au « service de la République », rendent compte tous les jours aux gouvernants de tout ce qui bouge. Comme le souligne le grand chef des RG Yves Bertrand « je recueillais des informations sur tout le monde et je rendais compte. Toute ma carrière, j'ai rendu compte ».

Oh France ! Douce France ! Aucun écrivain ne t'a peint mieux que les RG. « Un Libanais s'est converti au judaïsme pour épouser la fille d'Heilbronner ». « N.S. fait construire une villa à côté de Sartrouville, fait venir des entreprises de Neuilly. Tout au black ». « N.S. a acheté pour sa première femme un appartement au château de Madrid à Neuilly ». « Tassez a reçu du fric de Falcone pour Sarko, de Jean-Christophe et de chefs d’Etat africains ». « N.S. 150 000 francs en liquide dans son cabinet ». « conversation téléphonique entre l’épouse et la meilleure amie de celle-ci, où il est question d’adultère ». « N.S. couche avec la femme d’un député » (lequel est aujourd’hui ministre) ... Les sites du Point et du NouvelObs vous renseigneront plus en détail sur les coucheries réelles ou virtuelles et les acquisitions immobilières de nos élites.

Lionel Jospin, (ex-premier ministre, ex-Lambertiste) n'est pas content de son employé : « Il apparaît clairement que ce haut fonctionnaire indélicat et nuisible a été maintenu en fonction et protégé par le président Jacques Chirac pendant douze ans ». Nicolas Sarkozy a porté plainte contre ce conseiller, grand chef des RG.

Le pouvoir a toujours détesté les écrivains (les vrais ; Sollers est honoré au Vatican et chez la tendance Brasillach). Prenez par exemple le cas de Mme Bovary. Lors du procès de Flaubert, le 31 janvier 1857, l'avocat impérial établissait les faits : « Ce mari du lendemain « que l'on eût pris pour la vierge de la veille », et cette mariée « qui ne laissait rien découvrir où l'on pût deviner quelque chose ». Ce mari qui se lève et « part le coeur plein des félicités de la nuit, l'esprit tranquille, la chair contente », s'en allant « ruminant son bonheur comme ceux qui mâchent encore après dîner le goût des truffes qu'ils digèrent ». « Il trouvait tous les soirs des meubles souples et une femme en toilette fine, charmante et sentant frais, à ne savoir même d'où venait cette odeur, ou si ce n'était pas la femme qui parfumait la chemise. » Assez de citations de détail ! « La médiocrité domestique la poussait à des fantaisies luxueuses, les tendresses matrimoniales en des désirs adultères, »... « elle se maudit de n'avoir pas aimé Léon, elle eut soif de ses lèvres. »... On vous a parlé tout à l'heure des souillures du mariage ; on va vous montrer encore l'adultère dans toute sa poésie, dans ses ineffables séductions. J'ai dit qu'on aurait dû au moins modifier les expressions et dire : les désillusions du mariage et les souillures de l'adultère ... Nous savons maintenant, messieurs, que la chute n'a pas lieu dans le fiacre ... Tantôt, c'est la souillure du mariage, tantôt ce sont ses platitudes, mais c'est toujours la poésie de l'adultère. Voilà, messieurs, les situations que M. Flaubert aime à peindre, et malheureusement il ne les peint que trop bien.

Yves Bertrand et son éditeur, les RG, seront acquittés … (Charles Pasqua) ajouta même un grand mot, le seul qu’il ait jamais dit :

C’est la faute de la fatalité !


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Published by dimitri - dans Bulletin
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