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16 octobre 2008 4 16 /10 /octobre /2008 18:06
Les âmes supérieures s’offusquent des sifflets de notre hymne national (un des plus beaux) dans les stades. « C’est la République qu’on a sifflé ! ». « Tout match avant lequel La Marseillaise serait sifflée sera immédiatement arrêté ». Les matchs avec les pays du Maghreb ne soient plus joués au Stade de France, mais « chez eux ou en province ». Et Mme Fadela Amara, le plus beau slogan : « Pas de pitié avec ces gens-là ! »
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Par contre, Adidas, Canal + et LG sur nos maillots tricolores contribuent sûrement au rayonnement de notre République.
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La jeune Louise Michel (1830-1905) avait pris des risques (elle) en remplaçant à son école la prière du matin par la Marseillaise, ce chant révolutionnaire interdit sous l’empire et la restauration (les héritiers sont au gouvernement aujourd'hui). Notre actuel président de la République n’était pas né en 1853. Il aurait sans doute soutenu la démarche de l’institutrice du peuple. Il l'aurait convoquée à l'Elysée pour la soutenir pour sa démarche ...
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Les résistants (eux) ne chantaient pas la Marseillaise de (ou avec) Pétain. Notre actuel président de la République s'y connaît en Guy Mocquet et autres résistants. Un prof émérite disait que la Marseillaise « est même confisquée par un courant chauvin ».
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Le 30 mars 1871, la commission des élections valide l’élection du juif hongrois, ouvrier bijoutier, Léo Frankel au Conseil général de la Commune :  « Considérant que le drapeau de la Commune est celui de la République universelle ; considérant que toute cité a le droit de donner le titre de citoyen aux étrangers qui la servent […], la commission est d’avis que les étrangers peuvent être admis, et vous propose l’admission du citoyen Frankel. »
Léo Frankel est promu ministre du Travail et inspire toute l’œuvre sociale de la Commune. Les polonais Jaroslav Dombrowski et W. Wrobleski assument des commandements militaires. La russe Elisabeth Dmitrieff, 20 ans, envoyée par K. Marx, dirige l’Union des Femmes.
Notre Gustave Flaubert était, hélas, hostile à la Commune.
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Lorsque la jeunesse grecque sifflait l’hymne grec après le coup d’état du 21 avril 1967, ce sont les colonels fascistes qu’elle sifflait.
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Le Serment d’allégeance (Pledge of Allegiance), rédigé en 1892 et complété en 1954, est prononcé chaque jour par les élèves des écoles primaires américaines qui, debout devant le drapeau des Etats-Unis, la main sur le coeur, proclament : « Je jure allégeance au drapeau des Etats-Unis d’Amérique et à la République qu’il représente, une nation placée sous la protection de Dieu, indivisible et garantissant liberté et justice pour tous ».
La référence à Dieu a été rajoutée par les maccarthystes en 1954 pour se démarquer des  « godless communists ». Insulter le drapeau américain, c’est aussi insulter Dieu !
Le pauvre (!) Ben Laden essaie de faire la même chose chez lui mais le fou de dieu Bush veut le monopole.
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Dans un village, le jeune étranger est premier dans son école ; mention « très bien ». Ses profs décident, comme l’usage le veut, de le nommer porte-drapeau lors du défilé national. Tollé général de l’association des parents d’élèves : « C’est un étranger qui porte notre drapeau ! ». L’année suivante le jeune toujours premier (19,9/20) se fait naturaliser. Même situation. Les mêmes toujours rétorquent : « Il n’est pas né au pays ! ». Le jeune renonce à porter le drapeau sous la pression des « élites ».
Cette histoire se passe en Grèce d’aujourd’hui. Le jeune est un Albanais (de surcroît il s’appelle Ulysse !), l’équivalent d’un Algérien-Marocain-Tunisien en France. Le pays de Socrate perd ses valeurs. Honte aux Grecs.
L’orateur Isocrate (-436 ~ -338) disait que Grec est celui qui participe à l’éducation (culture) grecque (Panégyrique, 4.47). Alors, c’est quoi un Français ?
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Derrière l'alibi du drapeau se cachent la race, le sang, la religion, l’assimilation, la nostalgie de l’Empire, le gaullisme assimilateur, l’ordre, le sacre des rois, le drapeau pétainiste, la patrie (du pognon en Suisse), …
« Nous sommes avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne. Sinon, la France ne serait plus la France. » (Charles de Gaulle, président de la république, 1959).
« Si tous les Arabes et Berbères d’Algérie étaient considérés comme Français, comment les empêcherait-on de venir s’installer en métropole. Mon village ne s’appellerait plus Colombey-les-deux-Églises, mais Colombey-les-deux-Mosquées ! » (De Gaulle, 1959).
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« Ça fait du bien de crier », dit Leila qui s'est époumonée mardi, fière dans son tee-shirt rouge et blanc. « C'est pour toutes les fois où on a baissé la tête, toutes les humiliations. »
« Au stade, on n'est pas passif, c'est un des rares endroits où on peut encore manifester publiquement. Il ne faut pas s'en étonner.  » (W. Nuytens, sociologue, univ. d'Artois)
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Laissons Jules Michelet, l’amant de la France - la notre - conclure :
« En nationalité, c’est tout comme en géologie, la chaleur est en bas. Descendez, vous trouverez qu’elle augmente ; aux couches inférieures, elle brûle. Les pauvres aiment la France, comme lui ayant obligation, ayant des devoirs envers elle. Les riches l’aiment comme leur appartenant, leur étant obligée. Le patriotisme des premiers, c’est le sentiment du devoir ; celui des autres, l’exigence, la prétention d’un droit. »
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Par mesure de sécurité, je dirai à mes étudiant(e)s, chantez la Marseillaise (le local) avec l’Internationale (le global). Dieu reconnaîtra les siens.

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Published by dimitri - dans Bulletin
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