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19 juillet 2008 6 19 /07 /juillet /2008 15:15

Lorsque les partis politiques de gouvernement n’ont pas de divergences fondamentales, lorsque les convergences idéologiques l’emportent sur le reste, l’opposition politique est absente ou inaudible. La Presse prend le relais de l’opposition. C’est le cas en France et en Grèce actuellement.

Le décor politique est similaire dans les deux pays. Après la quasi-disparition du PCF (2%) et malgré le maintien de KKE (8%), le champs politique est prêt pour son américanisation, seul système stable et fiable, d’après les libéraux, en période capitaliste. Deux partis l’un à « gauche » (Kennedy, Clinton, Jospin, (vieux) G. Papandreou) et l’autre à « droite » (Reagan, Bush, Sarkozy, (vieux) K. Karamanlis) jouent à la « démocratie » (synonyme de corruption) avec les milliards des commanditaires de l’oligarchie.

La Presse grecque (une vingtaine de quotidiens nationaux) est bâtie sur le modèle américain « sexe, crimes et scandales ». De tradition, la Justice est aux ordres du Pouvoir (toujours celui en place). De ce fait, la Presse se transforme en Justicier, en allant assez loin dans ses investigations. Les journaux mais aussi les chaînes privées rivalisent d’ardeur pour dénoncer les scandales de corruption, les uns du parti PASOK (PS) les autres de la « Nouvelle Démocratie » (droite complexée).

En France, Il n’existe plus que trois quotidiens nationaux (ceux de Rothschild, Lagardère et Dassault ; grands représentants du capital financier et de la vente d’armes de destruction massive). Par peur de déstabilisation du système bipolaire UMP-PS les journaux sont devenus assez critiques avec le Pouvoir afin de remédier à l’absence d’opposition et canaliser une certaine colère provoquée par la baisse du pouvoir d’achat. La Justice en France est plus indépendante qu’en Grèce ce qui ne permet pas une prise de risque trop importante de la part des journaux (la télévision publique ou privée étant strictement contrôlée).

Le processus délicat de la bipolarisation est long. Il demande

  • Le consensus national sur les grands dossiers comme en cas de menace extérieure (l’« islamofascisme ») ou intérieure (les « progroms républicains » de la « banlieue francophone » ) ;

  • Retour aux valeurs de la bourgeoisie de l’époque ascendante ;

  • Des cohabitations diverses et partage de postes pour « éviter la guerre civile permanente » ;

  • Une redéfinition des frontières politiques. Pour Mme Royal (aile droite du PS) l’extrême gauche commence à gauche du PS. Nouveaux termes apparaissent : « gauche radicale », « droite décomplexée », « gauche réformiste ».

Le brouillage du message politique pousse parfois l’électorat à « des positions extrêmes ». Il est impératif de canaliser le mécontentement le temps de la stabilisation du système. Dans ces deux pays, deux hommes politiques issus de la gauche radicale sont projetés par les médias au premier plan avec des honneurs réservées aux seuls représentants de deux partis de gouvernement. Alexis Tsipras, 34 ans, polytechnicien issu du SYRIZA (parti tampon entre le PS et le PC) en Grèce et Olivier Besancenot, 34 ans, diplômé d’Histoire, issu de l’extrême gauche trotskiste en France occupent les médias. Les sondeurs entretiennent la popularité le temps de la consolidation du consensus idéologique Gauche-Droite. Tous les deux jouissent d’une popularité assez importante, construction médiatique éphémère pour pallier aux « dysfonctionnements passagers de la démocratie ». Une fois la phase de rodage terminée chacun retournera à son rôle habituel.


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Published by dimitri - dans Bulletin
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