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30 septembre 2007 7 30 /09 /septembre /2007 09:46

Après les Français en Mai-Juin, les Grecs ont voté le 16 septembre pour renouveler le Parlement. On enregistre un recul du parti au pouvoir (droite classique “chiraquienne”), un deuxième recul consécutif du principal parti de l’opposition (parti socialiste rocardo-blairiste). Victoires relatives de l'extrême droite (lepeno-sarkozyste) qui entre au Parlement, du parti social-démocrate (radical-socialiste tendance Melanchon) et du parti communiste ("stalinien" pour le PCF). C’est la première fois dans l’histoire récente de la Grèce que les deux partis dominants (85% de l’électorat) depuis 35 ans perdent en même temps.

 

Les commentateurs Grecs s’accordent pour dire que le gouvernement sortant était le pire depuis 1974 (scandales financiers, politique atlantiste, absence d’Etat, organisation administrative gravement défaillante, ...). Pourtant, la Droite se maintient au pouvoir malgré l'usure, surtout à cause de l’absence de programme de gauche du principal parti de la Gauche.

 

En Grèce comme en France les deux partis socialistes ont fait les frais de la "ségonalisation” de la politique (absence de programme de gauche, campagne sur les valeurs "travail, famille, patrie, discipline" imitant la Droite, absence de souffle européen, marketing croissant, personnalisation du pouvoir, incapacité politique, ...)

 

Les deux pays ont des systèmes électoraux différents, aussi anti-démocratiques l’un que l’autre, avec un léger avantage pour les Grecs qui ont une sorte de proportionnelle trafiquée qui permet au parti qui obtient environ 41% des votes de s'assurer de la majorité au parlement.

 

Les Droites de Karamanlis et Sarkozy comme les deux PS sont similaires, en voie d'américanisation complète. Pourtant, l'électorat s'est comporté un peu différemment. En France, une partie de l’électorat du PCF et de la Gauche radicale (voire de l'extrême gauche), terrorisée par l’idée de voir Sarkozy au pouvoir a soutenu dès le premier tour de l'élection présidentielle la candidate PS, quant à l’électorat modéré du PS, trouvant leur candidate insuffisante, a glissé au centre - Bayrou se montrant plus "radical". La correction in extremis par une radicalisation (“La TVA sociale”) a permis de limiter les dégâts aux législatives de l’ensemble de la Gauche française.

 

En Grèce pour la deuxième fois (en 2004 et en 2007) les déçus du PS sont allés au PC (assez puissant par rapport à son homologue français) qui refuse toute alliance avec le PS, le parti radical SYRIZA bénéficiant de l’apport des dissidents du PS.

 

L'endettement croissant des familles, en France comme en Grèce, pousse les électeurs au conservatisme. Esclaves du crédit (logement, voiture, consommation, études supérieures pour les enfants (pour les Grecs)) ils ont abandonné l'espoir d’une amélioration de leur condition par l’avancement de l’ensemble de la société. Le mythe américain de la facilité de l’enrichissement personnel chez les classes moyennes (lesquelles resteront moyennes !) est bien ancré en Europe, la social-démocratie aidant ou cautionnant le modèle. Le slogan de la Droite française “travailler plus pour gagner plus” (autrement dit “se tuer au travail pour rembourser ses dettes”) a eu un impact indirect également en Grèce sous la forme de “moi ou le chaos” du premier ministre sortant. Le gouvernement libéral a promis de donner plus à ceux qui gagnent plus (baisse d'impôts, heures supplémentaires). Les classes sociales aisées, à haut pouvoir d’achat, ayant sacrifié la classe ouvrière, se partagent la plus-value …

 
Les deux partis socialistes cherchent actuellement un nouveau leader à défaut d'un programme. La période socialiste d’un parti socialiste est probablement révolue. Une nouvelle période Guy Mollet s’annonce.

 

 

2 007

sièges

2 004

sièges

2 000

sièges

ND (droite)

41,84%

152

45,36%

165

42,74%

125

PASOK (PS)

38,10%

102

40,55%

117

43,79%

158

KKE (PC)

8,15%

22

5,90%

12

5,52%

11

SYRIZA (Radicaux)

5,04%

14

3,26%

6

3,20%

6

Extrême droite

3,80%

10

2,19%

0

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Published by dimitri - dans Bulletin
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